La faim culturelle de l'humanité civilisée est énorme, la perversité qui se cache là-dedans, universelle.
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À regarder de près, notre vie entière n'a rien été qu'une éphéméride miteuse portant la date des cérémonies, finalement complètement effeuillée.
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L'enfance est le trou noir où l'on a été précipité par ses parents et d'où l'on doit sortir sans aucune aide. Mais la plupart des gens n'arrivent pas à sortir de ce trou qu'est l'enfance, toute leur vie ils sont dans ce trou et n'en sortent pas et sont amers.
Mais l'ordre est là où est le désordre.
Nous haïssons les gens et nous voulons tout de même vivre avec eux, parce que c'est seulement avec les gens et parmi eux que nous avons une chance de continuer à vivre et de ne pas devenir fous.
L'art de la conversation est un art de la diffamation, l'art de la conversation avec soi-même est l'art de la diffamation le plus atroce qui soit.
Dans la même œuvre
Un malade est un voyant, personne d'autre n'aperçoit plus clairement l'image du monde.
L'artiste, l'écrivain en particulier, qui ne va pas de temps en temps dans un hôpital, donc ne va pas dans un de ces districts de la pensée, décisifs pour sa vie, nécessaires à son existence, se perd avec le temps dans l'insignifiance parce qu'il s'empêtre dans les choses superficielles.
Les médecins élèvent des remparts, ils dressent entre les malades et eux la muraille de l'incertitude, incertitude qui, si elle n'existe pas naturellement, est quand même artificiellement créée.
Très peu de médecins reconnaissent qu'ils ne savent presque rien et qu'ils ne peuvent également presque rien faire.
Il n'avait jamais eu de chez-lui car son chez-lui n'avait toujours été que sa pensée.