L'artiste, l'écrivain en particulier, qui ne va pas de temps en temps dans un hôpital, donc ne va pas dans un de ces districts de la pensée, décisifs pour sa vie, nécessaires à son existence, se perd avec le temps dans l'insignifiance parce qu'il s'empêtre dans les choses superficielles.

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La faim culturelle de l'humanité civilisée est énorme, la perversité qui se cache là-dedans, universelle.
Il n'y a rien à célébrer, rien à condamner, rien à dénoncer, mais il y a beaucoup de choses dérisoires tout est dérisoire quand on songe à la mort.
Ce qui nous fait vivre, c'est l'hypothèse selon laquelle les problèmes, insurmontables de nuit, sont surmontables de jour.
Il est possible que l'on soit sauvé par le simple fait de comprendre clairement un moment décisif et de faire une analyse de tout ce qu'implique ce moment.
L'art de la conversation est un art de la diffamation, l'art de la conversation avec soi-même est l'art de la diffamation le plus atroce qui soit.
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Dans la même œuvre

Un malade est un voyant, personne d'autre n'aperçoit plus clairement l'image du monde.
Les médecins élèvent des remparts, ils dressent entre les malades et eux la muraille de l'incertitude, incertitude qui, si elle n'existe pas naturellement, est quand même artificiellement créée.
Très peu de médecins reconnaissent qu'ils ne savent presque rien et qu'ils ne peuvent également presque rien faire.
À regarder de près, notre vie entière n'a rien été qu'une éphéméride miteuse portant la date des cérémonies, finalement complètement effeuillée.
Il n'avait jamais eu de chez-lui car son chez-lui n'avait toujours été que sa pensée.