Penser signifie échouer, ai-je pensé. Agir signifie échouer. Mais naturellement nous n'agissons pas pour échouer, de même que nous ne pensons pas pour échouer, ai-je pensé.
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Passer sous silence n'est pas mensonge.
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À lire aussi de Thomas Bernhard
A chaque livre, nous découvrons avec horreur un homme imprimé à mort par les imprimeurs, édité à mort par les éditeurs, lu à mort par les lecteurs.
L'incompétence règne dans toutes les relations et, avec le temps, elle produit très naturellement l'indifférence.
C'est un crime majeur que d'engendrer un être, dont on sait qu'il sera malheureux au moins une fois dans sa vie.
Je n'ai jamais lu un livre jusqu'au bout, ma façon de lire est celle d'un feuilleteur supérieurement doué, c'est-à-dire d'un homme qui préfère feuilleter plutôt que lire, qui feuillette donc des douzaines, parfois même des centaines de pages avant d'en lire une seule ; mais quand cet homme lit une page, alors il la lit plus à fond qu'aucun autre et avec la plus grande passion de lire qu'on puisse imaginer.
Dans la même œuvre
Eclaircir l'existence, non seulement la percer à jour mais quotidiennement l'éclairer jusqu'au suprême degré possible, c'est la seule possibilité d'en venir à bout.
Maintes fois, tous nous relevons la tête en croyant qu'il nous faut dire la vérité ou la vérité apparente et nous la rentrons de nouveau dans les épaules. C'est tout.
L'homme n'aime pas la liberté, tout le reste est mensonge, l'homme ne sait rien faire de la liberté.
L'une des plus grandes absurdités humaines : le lycée.
J'ai toujours dérangé et j'ai toujours irrité. Tout ce que j'écris, ce que je fais est dérangeant, irritant. Ma vie entière en tant qu'existence n'est rien autre qu'une volonté constante de déranger et irriter. En attirant l'attention sur des faits qui dérangent et irritent.