La terre tout alentour n'était plus qu'immenses essarts trop profondément et de trop longtemps brûlés pour pouvoir y faire lever à nouveau la moindre culture.
Les rêves sont faits pour entrer dans la réalité, en s'y engouffrant avec brutalité, si besoin est. Ils sont faits pour y ré-insuffler de l'énergie, de la lumière, de l'inédit, quand elle s'embourbe dans la médiocrité, dans la laideur et la bêtise.
L'imaginaire est l'amant nocturne de la réalité.
Ecrire c'est descendre dans la fosse du souffleur pour apprendre à écouter la langue respirer là où elle se tait, entre les mots, autour des mots, parfois au coeur des mots.
Les rêves ce sont nos yeux dans la nuit.
La tendresse elle-même est élan, vivacité, flamme qui brûle, qui brûle !
Nous sommes ainsi faits, nous sommes ce que nous sommes et nous ne changerons pas.
L'amour n'a pas à se parer de grandes déclarations, de gestes et de postures emphatiques, il n'a à s'encombrer de rien, il a juste à être, et à agir là et quand il faut, sans se soucier si on le voit à l'oeuvre.
De la moindre vie humaine, quelque chose d'irréductible demeure, toujours ; rien de ce qui a lieu en ce monde, grand ou petit, tragique ou anodin, ne peut être annulé, et rien ne reste sans conséquences, aussi discrètes soient-elles.
D'un lambeau de papyrus ou d'un morceau de poterie, on peut remonter vers une civilisation disparue depuis des millénaires. A partir de la racine d'un mot, on peut rayonner à travers une constellation de vocables et de sens.
Les petits riens ne sont jamais insignifiants, la beauté foisonne dans l'infime.
Chaque être aimé, en disparaissant, ravit un peu de chair, un peu de sang, à ceux qui restent sur la terre, tremblant de froid et de fadeur dans le crachin continu de l'absence.
La liberté, comme l'amour, a un coût, celui de l'intranquillité, ni l'un ni l'autre ne sont jamais acquis.
La musique est par excellence l'art d'agencer et de faire tinter le silence, de lui conférer un rythme, une dynamique.
Dans une partition musicale, les silences sont signifiés, comme les notes, et ils portent des noms qui renvoient au souffle : respirations, pauses, soupirs, qui se déclinent en demi-soupirs, quarts de soupir.
Que sait-on de ce qui a lieu dans la nuit du réel ? L'imaginaire est l'amant nocturne de la réalité.
C'est en essayant continuellement qu'on finit par réussir. En d'autres termes, plus ça rate, plus on a de chances que ça marche.
Tout ce qui excède en intensité, en présence, en saveur, laisse un reste.
Nulle faute ne peut être déclarée ancienne tant que perdure la souffrance qu'elle a engendrée.
Il faut descendre très bas pour trouver un accès au Très-Haut. Très bas au fond de soi, dans les ténèbres de ses entrailles.
Il ne suffit pas qu'un sol soit riche, encore faut-il qu'il soit remué, retourné, et ensemencé.
Etre en vie, c'est être en mouvement, en constante possibilité de changement, chute ou croissance.
Mais elle n'avait plus de souffle, plus de voix, et encore moins de raison, elle n'était plus en mesure de penser, elle n'était plus qu'un corps pris d'épouvante devant l'imminence de son anéantissement, et qui luttait instinctivement, en vain.
De la moindre vie humaine, quelque chose d'irréductible demeure, toujours rien de ce qui a lieu en ce monde, grand ou petit, tragique ou anodin, ne peut être annulé, et rien ne reste sans conséquences, aussi discrètes soient-elles.
Elle croyait en la vie, elle aimait la vie, vaille que vaille. C'est la plus belle des croyances, en tout cas la plus salutaire.
Œuvres de Sylvie Germain