Les femmes n'aiment ni les hommes ni les femmes mais les bébés.
Auteur
Philippe Sollers
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Luxe, calme... Ce n'est pas si souvent désormais dans ce bas monde, très bas, n'est-ce pas, de plus en plus bas...
C'est comme ça, bibliquement, qu'on prend une ville imprenable... Paris... New York... Jéricho... Avec une prostituée qui sait tout pour vous et que vous sauvez, elle seule, de la destruction... Vous épargnez le bordel... La maison de Rahab...
Un film, c'est un poids de dollars... Le dollar exige son type de roman...
Il y a quelques années, Rodolphe était fou d'échangisme, il emmenait Emma dans des partouzes parfois exagérément populaires, Emma s'y est intéressée pour faire plaisir à Rodolphe, mais s'est vite ennuyée.
Ce sont les hommes qui veulent être des femmes, c'est bien connu... Qui ne pensent qu'à être enceints... Qui rêvent de sentir l'infinie réserve de la gestation, les jouissances ineffables de l'accouchement...
Je n'arrive pas à sentir la faute qu'il y aurait à satisfaire ses passions... En revanche, je perçois très clairement leur inanité.
On n'a pas dit grand chose de l'intérieur sur tout ça... Anarchisme, cubisme, surréalisme, communisme... Tous ces «ismes» ont finalement l'air d'avoir été fabriqués pour cacher la naissance de nouveaux noms.
Pour savoir où on en est avec quelqu'un, il suffit d'écouter de la musique ensemble. Le moindre désaccord nerveux vient faire tâche dans les intervalles, mais si le son passe sans rencontrer personne, c'est le signe que tout va bien.
Il y a un mot sublime de Casanova à l'une de ses amies, c'est le fin du fin de la sagesse : je t'en supplie, sois gaie : la tristesse me tue. Vous pouvez vous arrêter là. Personne n'ira plus loin. Aime-toi gaiement, et aime ton prochain comme toi-même.
Les amoureux sont seuls au monde parce que le monde est fait pour eux et par eux.
On se tait beaucoup, preuve qu'on s'entend.
L'amour est cellulaire dans les tourbillons du hasard.
La révélation, enfin, qu'il n'y a ni commencement ni fin, ni sens ni non-sens, seulement le plaisir, la souffrance, l'usure de l'usure.
Comme le dit un proverbe chinois : Un homme ne laisse pas plus de traces dans une femme qu'un oiseau dans le ciel.
Je sais encore donner ma vie entière tous les jours
Je marche sur un chemin qui ne mène à rien, sauf à des clairières imprévues
Il n'y a pas de bonne société possible - il y en a de moins mauvaises que d'autres, ce qui est tout à fait différent.
Ce qui me frappe d'abord, c'est mon absence de culpabilité. Toute ma vie, j'aurai plus ou moins essayé d'apprendre, comme on m'y invitait, à me sentir coupable... Je n'y arrive pas, je l'avoue... Je me sens innocent... Ou pire : pardonné, racheté, sauvé... C'est étrange. Aucun sens moral ? Au contraire... Mais uniquement intellectuel, dirait-on. Je n'arrive pas à sentir la faute qu'il y aurait à satisfaire ses passions...
« Lascia dir le genti », « Laisse dire les gens ». « Suis ton chemin et laisse dire les gens. » C'est un conseil qu'on peut donner dix fois par jour à dix personnes différentes
Dieu, au fond, est humour. Amour et humour. Pas d'amour sans humour, et réciproquement.
L'homme, s'il ignore la vérité de l'argent, en reste au rêve. Il est exploité par la vérité qu'est l'argent. Pour que l'homme soit, pour qu'il ne soit pas un rêve d'homme, il faut qu'il comprenne qu'il est une valeur métaphysique (je ne dis pas religieuse). Partout où il met de la valeur autre qu'en métaphysique, il est nié par l'argent.
L'argent, à la limite, il ne faut pas s'en faire une montagne. Il ne faut pas s'en faire un Veau d'Or non plus. L'argent, ce n'est ni bien ni mal. C'est ça, la découverte aussi. Ce n'est ni le bien absolu, ni le mal absolu. Nous sortons de la religion de l'argent, si nous adoptons ce point de vue et seulement si nous l'adoptons. Car si nous faisons de l'argent un mal, nous fondons une religion pour lutter contre ce mal. C'est notamment le marxisme. Et à ce moment-là, on rentre dans l'ordre de la démonologie.
On le récite, on le cite, on rêve dessus, on se raconte des histoires avec, on le commente, on y croit, mais, c'est quand même étrange, on ne le lit pas. Et est-ce que le christianisme n'est pas quelque chose qui a refoulé la Bible ?
L'humain n'aime pas son corps. Il l'adore éventuellement, mais il ne l'aime pas. Et comme il est censé aimer son prochain comme lui-même, s'il n'aime pas son propre corps, il n'aime pas non plus celui de son prochain. Nous voyons ici apparaître le mal souhaité au prochain. Ou comme j'aime dire : on fait de son proche un reproche. L'évangile moderne est : tu détesteras ton prochain comme toi-même.
Œuvres de Philippe Sollers
Discours parfaitFemmes (1983)Grand beau temps. Aphorismes et penséesImprovisations (1991), Le triImprovisations (1991), On n'a encore rien vuInterview dans Le Monde, 28 novembre 1974.Le Coeur absolu (1987)Le DéfiLe Lys d'Or (1989)Les Voyageurs du TempsLogiques (1968)L’Express du 16/04/1998Passion fixe (2000)Préface de \"Les Ambassadeurs\" de MorainTel QuelThéorie d'ensemble, Ecriture et révolutionTrésor d'amour (2011)Une Curieuse Solitude (1958)Une Vie Divine (2006)