Auteur

Philippe Sollers

Rien de plus rare finalement que la volupté consciente. Celui qui sait, ne parle pas. Celui qui parle, ne sait pas.
Pour savoir écrire, il faut savoir lire, et pour savoir lire il faut savoir vivre, alors le lecteur sera le lecteur qui vit d'une certaine façon, pas d'une autre, sinon il s'endormira ou il ne verra rien. Mais à supposer qu'il mène la vie, quelle qu'elle soit, qui convient pour se donner le regard de la lecture, alors, il est tout près. C'est un voile très mince. Il peut savoir. Il peut entrer.
Passer est autre qu'avoir été. Avoir réellement été, c'est être. On peut être et avoir été. C'est rare.
« Là où le danger croît, croît aussi ce qui sauve. » Il n'y a pas de salut sans danger extrême. Voilà de quoi nous nous sommes un peu trop déshabitués.
Si une femme vous aime, elle est deux. Loi à méditer.
Elles sont préoccupées, les femmes. Elles veulent savoir si l'une d'elles, par hasard, serait différente. Échapperait au triste sort inadmissible commun. Elles l'espèrent passionnément. Elles sont crédules. Elles se précipitent sur les nouveautés.
Le seul racisme sérieux, en définitive, se passe bien entre femmes et hommes... Tout le reste est bavardage illuminé... Et ce racisme-là se porte à merveille, il monte, il s'épanouit, il fleurit ; c'est le moteur de toujours, la source du mouvement lui-même...
Moi je suis pour que l'écrivain pense trop ; trop pour son temps.
Aimant Dieu, aimée de Dieu, aimantée par Dieu, choisissant les amants de Dieu, la musique est une réalité magnétique.
L'âme de Dieu est mathématique, contrapuntique, harmonique et mélodique. Le diable, envieux et furieux, fait beaucoup de bruit autour pour empêcher qu'on l'entende.
Dieu est amour (et humour), mais nous passons notre temps à l'alourdir, à le déformer et à l'oublier.
La seule chose jamais discutée, c'est : pourquoi vous, bipède parlant, être là? Croyez-vous ce phénomène réellement nécessaire? Pourquoi vous plutôt qu'un autre ou que rien? Pourquoi fatalité du blabla ?
« Soyez réalistes demandez l’impossible » : Voilà le plus beau slogan de Mai 68, le plus profond, le plus explicitement surréaliste. Il peut être répété à n’importe quel moment. Il n’a pas une ride. Il résonne aussi en accord avec l’ironie voltairienne dénonçant l’imposture du « Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles ».

Œuvres de Philippe Sollers

Discours parfaitFemmes (1983)Grand beau temps. Aphorismes et penséesImprovisations (1991), Le triImprovisations (1991), On n'a encore rien vuInterview dans Le Monde, 28 novembre 1974.Le Coeur absolu (1987)Le DéfiLe Lys d'Or (1989)Les Voyageurs du TempsLogiques (1968)L’Express du 16/04/1998Passion fixe (2000)Préface de \"Les Ambassadeurs\" de MorainTel QuelThéorie d'ensemble, Ecriture et révolutionTrésor d'amour (2011)Une Curieuse Solitude (1958)Une Vie Divine (2006)