Œuvre

Femmes (1983)

Picasso, comme Manet, comme Goya, comme tous les grands peintres, est une pute. La pute des putes... C'est une déclaration autobiographique...
Luxe, calme... Ce n'est pas si souvent désormais dans ce bas monde, très bas, n'est-ce pas, de plus en plus bas...
C'est comme ça, bibliquement, qu'on prend une ville imprenable... Paris... New York... Jéricho... Avec une prostituée qui sait tout pour vous et que vous sauvez, elle seule, de la destruction... Vous épargnez le bordel... La maison de Rahab...
Un film, c'est un poids de dollars... Le dollar exige son type de roman...
Il y a quelques années, Rodolphe était fou d'échangisme, il emmenait Emma dans des partouzes parfois exagérément populaires, Emma s'y est intéressée pour faire plaisir à Rodolphe, mais s'est vite ennuyée.
Ce sont les hommes qui veulent être des femmes, c'est bien connu... Qui ne pensent qu'à être enceints... Qui rêvent de sentir l'infinie réserve de la gestation, les jouissances ineffables de l'accouchement...
Je n'arrive pas à sentir la faute qu'il y aurait à satisfaire ses passions... En revanche, je perçois très clairement leur inanité.
On n'a pas dit grand chose de l'intérieur sur tout ça... Anarchisme, cubisme, surréalisme, communisme... Tous ces «ismes» ont finalement l'air d'avoir été fabriqués pour cacher la naissance de nouveaux noms.
La révélation, enfin, qu'il n'y a ni commencement ni fin, ni sens ni non-sens, seulement le plaisir, la souffrance, l'usure de l'usure.
La seule chose jamais discutée, c'est : pourquoi vous, bipède parlant, être là? Croyez-vous ce phénomène réellement nécessaire? Pourquoi vous plutôt qu'un autre ou que rien? Pourquoi fatalité du blabla ?