Pour savoir écrire, il faut savoir lire, et pour savoir lire il faut savoir vivre, alors le lecteur sera le lecteur qui vit d'une certaine façon, pas d'une autre, sinon il s'endormira ou il ne verra rien. Mais à supposer qu'il mène la vie, quelle qu'elle soit, qui convient pour se donner le regard de la lecture, alors, il est tout près. C'est un voile très mince. Il peut savoir. Il peut entrer.
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Je sais encore donner ma vie entière tous les jours
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À lire aussi de Philippe Sollers
L'humain n'aime pas son corps. Il l'adore éventuellement, mais il ne l'aime pas. Et comme il est censé aimer son prochain comme lui-même, s'il n'aime pas son propre corps, il n'aime pas non plus celui de son prochain. Nous voyons ici apparaître le mal souhaité au prochain. Ou comme j'aime dire : on fait de son proche un reproche. L'évangile moderne est : tu détesteras ton prochain comme toi-même.
Les Evangiles, ce sont quatre romans qui racontent la même chose de façon un peu différente; c'est l'invention du roman.
Passer est autre qu'avoir été. Avoir réellement été, c'est être. On peut être et avoir été. C'est rare.
Il n'y a pas de bonne société possible - il y en a de moins mauvaises que d'autres, ce qui est tout à fait différent.
Dans la même œuvre
Je marche sur un chemin qui ne mène à rien, sauf à des clairières imprévues