Auteur

Mohammed Moulessehoul, dit Yasmina Khadra

Si je devais mettre un visage sur la générosité, ce serait celui d'un Africain. Si je devais mettre un éclat sur la fraternité, il aurait celui d'un rire africain.
Le courage tout court, c'est de croire en soi.
J'écoute la nuit s'ancrer en mon âme insomnieuse, les rides fissurer mes tempes et les blanches filandres de l'angoisse tisser leur toile autour de mon souffle.
L'Homme, ce prodige réfractaire à ses chances et fasciné par l'échafaud de ses vanités, sans cesse écartelé entre ce qu'il croit être et ce qu'il voudrait être, oubliant que la plus simple façon d'exister est de demeurer soi-même, tout simplement.
Le monde des intellectuels est partout le même, aussi interlope et fourbe que n'importe quel coupe gorge. C'est une pègre à part entière, sans scrupules et sans code d'honneur. Elle n'épargne ni les siens ni les autres.
Si je n'ai jamais mangé à ma faim, c'est parce que je ne mange pas à tous les râteliers.
Il n'est pire amour que le regard que l'on échange dans une gare lorsque les deux trains vont chacun de son côté.
L'enfer, c'est les autres, certes, sauf que le damné a le choix des épreuves.
C'est un beau pays la France. Se rend-elle compte de sa féérie? Elle ne se rend même pas compte de ses chances; autrement elle mesurerait la déveine des autres nations.
Tous les écrivains vont au paradis puisque, vivants, ils portent l'enfer des hommes.
Le soleil retroussait ses manches. La journée s'annonçait caniculaire.
Ce n'est pas le peuple qui est ingrat, ou inculte. C'est le système qui fait tout pour l'éloigner de la noblesse des êtres et des choses. Il lui apprend à ne se reconnaître que dans la médiocrité tous azimuts.
Nos yeux ne nous appartiennent plus. Nous sommes les otages de nos souvenirs. Nos paupières closes nous racontent ; ouvertes, elles donnent sur nous-mêmes.
La faute n'est pas qu'un tort, elle est la preuve que le mal est en nous, qu'il est organique, aussi nécessaire que l'angoisse et la fièvre puisque nos soucis naissent de ce qui nous fait défaut, et nos joies ne s'évaluent qu'en fonction de nos peines.
Quand on passe par Alger, on traverse le miroir. On arrive avec une âme et l'on s'en va avec une autre, toute neuve, sublime. Alger vous change une personne d'un claquement de doigts.
Les enfants sont la survivance de leurs parents, ce sont leur petit bout d'éternité.
Nous vivons une époque folle. Nous sommes dépassés et nous nous précipitons dans tous les sens en croyant rattraper le train en marche. Forcément, certains se trompent de quai.
Il y a trois instances, censées juger les hommes. la conscience, la justice et dieu. il arrive aux deux premières de faillir, pas à la troisième. Et elle vous attend de pied ferme.
Il n'y a plus d'idéaux, il n'y a que des idiots qui se baguenaudent dans des slogans aussi creux que le ventre des affamés.
Un écrivain est la seconde chance de l'humanité. Lorsque la décadence menace de se généraliser, le verbe durcit le ton et rappelle le cheptel à l'ordre.
Le seul moyen de lutte qui nous reste, pour refuser l'arbitraire et la barbarie, est de ne pas renoncer à notre éducation.
A charité aveugle, mendiant trop gourmand.
La vie est un apprentissage permanent ; plus on croit savoir, moins on sait, tant les choses changent, et avec elles les mentalités.
La vraie liberté est de ne rien devoir à personne, et la vraie richese, ne rien attendre des autres.
On ne naît pas brute, on le devient ; on ne naît pas sage, on apprend à l'être.

Œuvres de Mohammed Moulessehoul, dit Yasmina Khadra

A quoi rêvent les loups (1999)Ce que le jour doit à la nuit (2008)Cousine K (2003)Interview au magazine littéraire Mille-feuilles, RTBF TV, 23 septembre 2008.Journal de Saône-et-Loire, août 2013L'Attentat (2005)L'Ecrivain (2001)L'Equation africaine (2011)L'Imposture des mots (2002)L'Olympe des infortunes (2010)La Part du mort (2004)Les Anges meurent de nos blessures (2013)Les Hirondelles de Kaboul (2002)Les Sirènes de Bagdad (2006)Les chants cannibales (2012)Morituri (1997)Qu'attendent les singes (2014)