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Mohammed Moulessehoul, dit Yasmina Khadra

La vie n'est qu'un pari insensé; c'est la façon de mourir qui lui sauve la mise.
Le temps passe et n'attend personne. Toutes les amarres du monde ne sauraient le retenir. Il n'a pas de port d'attache, le temps; ce n'est qu'un coup de vent qui passe et qui ne se retourne pas.
Qui rêve trop oublie de vivre.
Comme dit le proverbe ancestral, si tu fermes ta porte aux cris de ton voisin, ils te parviendront par la fenêtre.
Depuis que le monde est monde, le pardon n'a à aucun moment élevé celui qui l'accorde au rang de sage. On ne pardonne que par lâcheté ou par calcul.
Le bonheur n'est pas la récompense de la vertu. C'est la vertu elle-même.
L'aveugle n'est pas celui qui ne voit pas, mais celui qu'on ne voit pas. Il n'est pire cécité que de passer inaperçu.
C'est en l'amour que toute laideur se découvre une beauté.
Personne ne fuit son pays. On ne fuit que soi-même - sa vérité ou son infortune -, comme si l'âme, trop à l'étroit dans sa peau, tentait de s'en extirper.
Vivre, c'est d'abord se tenir prêt à recevoir le ciel sur la tête.
Depuis que le monde est monde, la société obéit à trois crans. Ceux qui gouvernent. Ceux qui écrasent et ceux qui supervisent.
Il n'y a pas de doute: le paradis est de Dieu. Quant à l'enfer, il vient des hommes.
Il n'y a rien de grave dans la vie, sauf le tort que l'on commet.
On apprend véritablement à haïr à partir de l'instant où l'on prend conscience de son impuissance.
Si vivre se limitait à exister pour soi, qu'aurais-je de plus que les arbres qui se dénudent en hiver et se couvrent au printemps tandis que je fais l'inverse?
Pour qu'un coeur continue de battre la mesure des défis, il lui faut pomper dans l'échec la sève de sa survivance.
La vie est une succession d'ambiguïtés et de bravades. On y apprend tous les jours, et tous les jours on efface son ardoise pour un nouvel exercice.
Il n'y a pas de vérité irréfutable, il n'y a que des certitudes. Lorsque l'une s'avère être infondée, on s'en forge une autre et on s'y verrouille contre vents et marées.
La survivance est un naufrage dont le salut repose sur l'entêtement et non sur la providence.
Donnez-moi une machine à écrire, une rame de papier et je conquerrai le monde.
Rien ne dure. Ni la gloire. Ni la fortune. Ni les flatteries ni les adulations. Le monde n'est que leurres et incongruité. Et malheur à celui qui se laisse prendre à son jeu.
Aucune nation ne peut survivre sans mythe, et aucune jeunesse ne peut s'épanouir sans idole.
Le regret est un état d'âme. Le remords est un cas de conscience.
Chacun a droit à sa part de gloire. On ne choisit pas son destin, mais c'est bien de choisir sa fin. C'est une façon démocratique de dire merde à la fatalité.
C'est bien d'être à cheval sur les principes, mais il faut savoir mettre pied à terre de temps en temps.

Œuvres de Mohammed Moulessehoul, dit Yasmina Khadra

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