C'est un beau pays la France. Se rend-elle compte de sa féérie? Elle ne se rend même pas compte de ses chances; autrement elle mesurerait la déveine des autres nations.

À lire aussi de Mohammed Moulessehoul, dit Yasmina Khadra

Aucune nation ne peut survivre sans mythe, et aucune jeunesse ne peut s'épanouir sans idole.
Une inspiration, c'est comme le fer, il faut la battre tant qu'elle est encore chaude.
Aucune force ne peut retenir un enfant qui court retrouver sa famille.
Qui rêve trop oublie de vivre.
Je voudrais tant de choses futiles et laides, tant d'invisibilité aussi, tant d'océans entre moi et le charnier qui gangrène le sol sous mes pieds, mais mes exigences ne sont que l'expression de mon refus de regarder la réalité en face : les hommes sont ce que la nature a engendré de pire et de meilleur ; les uns meurent pour un idéal, d'autres pour des prunes ; certains périssent de leur générosité, d'autres de leur ingratitude ; ils s'entredéchirent pour les mêmes raisons, chacun dans son camp, et dans cette ignoble mise en scène, l'ironie du sort joue aux bons auspices jusqu'à réconcilier, dans une même fosse putride, l'éclairé et l'enténébré, le vertueux et le pervers, le martyr et le tortionnaire rendus à la mort éternelle comme des siamois au ventre de leur mère.
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Si la rose savait que sa grâce et sa beauté la conduisent droit dans un vase, elle serait la première à trancher la gorge avec sa propre épine. Mais elle l'ignore, et c'est dans cette poche d'ombre qu'elle puise la sève de sa propre survivance.
Personne ne fuit son pays. On ne fuit que soi-même - sa vérité ou son infortune -, comme si l'âme, trop à l'étroit dans sa peau, tentait de s'en extirper.
Si je n'ai jamais mangé à ma faim, c'est parce que je ne mange pas à tous les râteliers.
Tous les écrivains vont au paradis puisque, vivants, ils portent l'enfer des hommes.
Il n'y a plus d'idéaux, il n'y a que des idiots qui se baguenaudent dans des slogans aussi creux que le ventre des affamés.