Un soupir, un regard, un mot de votre bouche, - Voilà l'ambition d'un coeur comme le mien.
Je n'écoute plus rien; et pour jamais adieu... - Pour jamais! Ah! Seigneur, songez vous en vous-même - Combien ce mot cruel est affreux quand on aime?
Grâce aux dieux, mon malheur passe mon espérance!
Et voilà comme on fait les bonnes maisons.
Pas une étoile fixe, et tant d'astres errants.
On a la fille, soit: on n'aura pas la bourse.
Et ce même Sénèque, et ce même Burrhus - Qui depuis... Rome alors estimait leurs vertus.
Adieu, Seigneur. Régnez: je ne vous verrai plus.
Heureux, qui satisfait de son humble fortune, - Libre du joug superbe où je suis attaché, - Vit dans l'état obscur où les dieux l'ont caché!
C'est Vénus toute entière à sa proie attachée.
Charmant, jeune, traînant tous les coeurs après soi.
Je sais mes perfidies, - Oenone, et ne suis point de ces femmes hardies - Qui, goûtant dans le crime une tranquille paix, - Ont su se faire un front qui ne rougit jamais.
Détestables flatteurs, présent le plus funeste - Que puisse faire aux rois la colère céleste!
L'hymen n'est point toujours entouré de flambeaux.
Et la mort, à mes yeux dérobant la clarté, - Rend au jour qu'ils souillaient toute sa pureté.
Source ineffable de lumière, - Verbe en qui l'Eternel contemple sa beauté, - Astre, dont le soleil n'est que l'ombre grossière, - Sacré jour dont le jour emprunte sa beauté.
Je ne saurai trop vous recommander de ne point vous laisser aller à la tentation de faire des vers français qui ne serviraient qu'à vous dissiper l'esprit.
Il pourrait se faire qu'en voulant me dire des injures vous en disiez au meilleur de vos amis.
Souffrez que, de vos coeurs rapprochant les liens, - Je me cache à vos yeux, et me dérobe aux siens.
Sais-je combien le ciel m'a compté de journées ? - Et de ce peu de jours, si longtemps attendus, - Ah malheureux ! combien j'en ai déjà perdus !
Un bonheur si commun n'a pour moi rien de doux, - Ce n'est pas un bonheur, s'il ne fait des jaloux.
Est-ce au peuple, madame, à se choisir un maître ? - Sitôt qu'il hait un roi doit-on cesser de l'être ? - Sa haine ou son amour sont-ce les premiers droits, - Qui font monter au trône ou descendre les rois ?
Et qu'auprès de l'amour dont je ressens l'ardeur, - La plus forte amitié n'est au plus que tiédeur.
Plaignez ma grandeur importune. - Maître de l'univers, je règle sa fortune ; - Je puis faire les rois, je puis les déposer ; - Cependant de mon coeur je ne puis disposer.
Enfin, lorsque la nuit a déployé ses voiles, - La lune, au visage changeant, - Paraît sur un trône d'argent, - Et tient cercle avec les étoiles, - Le ciel est toujours clair tant que dure son cours, - Et nous avons des nuits plus belles que vos jours.
Œuvres de Jean Racine
A M. VitartAbrégé de l'Histoire de Port-RoyalAbrégé de l'histoire de Port Royal (édition posthume 1767)Alexandre le grand (1665)Alexandre le grand (1665), III, 2Andromaque (1667)Andromaque (1667), I, 1Andromaque (1667), I, 1, OresteAndromaque (1667), I, 1, PyladeAndromaque (1667), I, 2, PyrrhusAndromaque (1667), I, 4, AndromaqueAndromaque (1667), I, 4, PyrrhusAndromaque (1667), II, 1Andromaque (1667), II, 1, HermioneAndromaque (1667), II, 2, OresteAndromaque (1667), II, 5Andromaque (1667), II, 5, PyrrhusAndromaque (1667), III, 1Andromaque (1667), III, 1, OresteAndromaque (1667), III, 1, Pylade