Je n'écoute plus rien; et pour jamais, adieu. - Pour jamais! Ah! Seigneur, songez-vous en vous-même - Combien ce mot cruel est affreux quand on aime?
Que ne fait point un coeur - Pour plaire à ce qu'il aime, et gagner son vainqueur?
Ah lâche! fais l'amour, et renonce à l'Empire. - Au bout de l'univers va, cours te confiner, - Et fais place à des coeurs plus dignes de régner.
Je sens bien que sans vous je ne saurais plus vivre, - Que mon coeur de moi-même est prêt à s'éloigner; - Mais il ne s'agit plus de vivre, il faut régner.
Ah, Rome! Ah, Bérénice! Ah, prince malheureux! - Pourquoi suis-je empereur? Pourquoi suis-je amoureux?
Tous mes moments ne sont qu'un éternel passage - De la crainte à l'espoir, de l'espoir à la rage.
Sais-je combien le ciel m'a compté de journées ? - Et de ce peu de jours, si longtemps attendus, - Ah malheureux ! combien j'en ai déjà perdus !