Auteur

Jean Racine

Le conseil le plus prompt est le plus salutaire.
Je ne vous ferai point des reproches frivoles: - Les moments sont trop chers pour les perdre en paroles.
Juge tous les mortels avec d'égales lois.
L'honneur seul peut flatter un esprit généreux.
L'argent ne nous vient pas si vite que l'on pense. - Chacun de tes rubans me coûte une sentence.
Et c'est le bon parti. Compare prix pour prix - Les étrennes d'un juge à celles d'un marquis: - Attends que nous soyons à la fin de décembre.
L'un veut plaider toujours, l'autre toujours juger.
On l'entend bien toujours: qui voudra mordre y morde.
La Reine touche presque à son terme fatal. - En vain à l'observer jour et nuit je m'attache: - Elle meurt dans mes bras d'un mal qu'elle me cache.
O ciel! plus j'examine, et plus je le regarde, - C'est lui. D'horreur encor tous mes sens sont saisis.
Captive, toujours triste, importune à moi-même, - Pouvez-vous souhaiter qu'Andromaque vous aime?
La douceur de sa voix, son enfance, sa grâce, - Font insensiblement à mon inimitié - Succéder... Je serais sensible à la pitié?
Loin de vous séparer, je prétends aujourd'hui - Par des noeuds éternels vous unir avec lui: - Vous jouirez bientôt de son aimable vue.
Quoi? mon amour, Madame? Et qu'a-t-il de funeste? - Est-ce un crime qu'aimer une beauté céleste?
Ramène-le fidèle, et permets en ce jour - Qu'en retrouvant l'amant je retrouve l'amour.
Puisse le ciel verser sur toutes vos années. - Mille prospérités l'une à l'autre enchaînées!
Qu'entends-je? Quels conseils ose-t-on me donner? - Ainsi donc jusqu'au bout tu veux m'empoisonner, - Malheureuse? Voilà comme tu m'as perdue; - Au jour que je fuyais c'est toi qui m'as rendue.
Et c'est cette vertu si nouvelle à la cour, - Dont la persévérance irrite mon amour.
L'occasion est belle, il la faut embrasser...
Dans une longue enfance ils l'auraient fait vieillir.
Tu vas ouïr le comble des horreurs... - J'aime... A ce nom fatal, je tremble, je frissonne. - J'aime...
Vous n'avez donc pas détruit ce papier par dépit, - Ou par mépris de ceux qui vous l'avaient écrit?
Le soleil perce l'ombre obscure; - Et les traits éclatants qu'il lance dans les airs, - Rompant le voile épais qui couvrait la nature, - Redonnent la couleur et l'âme à l'univers.
Lorsqu'avec mon coeur ma main peut s'épancher, - Vous fuyez mes bienfaits tout prêts a vous chercher.
Ma rivale est ici; suis-moi sans différer; - Dans les mains des muets viens la voir expirer; - Et, libre d'un amour à ta gloire funeste, - Viens m'engager ta foi; le temps fera le reste. - Ta grâce est à ce prix, si tu veux l'obtenir.

Œuvres de Jean Racine

A M. VitartAbrégé de l'Histoire de Port-RoyalAbrégé de l'histoire de Port Royal (édition posthume 1767)Alexandre le grand (1665)Alexandre le grand (1665), III, 2Andromaque (1667)Andromaque (1667), I, 1Andromaque (1667), I, 1, OresteAndromaque (1667), I, 1, PyladeAndromaque (1667), I, 2, PyrrhusAndromaque (1667), I, 4, AndromaqueAndromaque (1667), I, 4, PyrrhusAndromaque (1667), II, 1Andromaque (1667), II, 1, HermioneAndromaque (1667), II, 2, OresteAndromaque (1667), II, 5Andromaque (1667), II, 5, PyrrhusAndromaque (1667), III, 1Andromaque (1667), III, 1, OresteAndromaque (1667), III, 1, Pylade