Auteur

Jean Racine

Est-ce là faire droit? Est-ce là comme on juge?
Grand Dieu, qui fait briller sur la voûte étoilée - Ton trône glorieux.
Je vois que vous prenez avec beaucoup de patience le mal que Dieu vous envoie, et que vous êtes fort exact à faire tout ce qu'on vous dit.
Les uns excellent en une chose, les autres en une autre; mais les rois excellent souverainement aux choses où les autres n'excellent souverainement aux choses où les autres n'excellent que médiocrement.
Vous veniez de mon front observer la pâleur, - Pour aller dans ses bras rire de ma douleur.
Le roi d'un noir chagrin paraît enveloppé: - Quelque songe effrayant cette nuit l'a frappé; - Pendant que tout gardait un silence paisible, - Sa voix s'est fait entendre avec un cri terrible.
Contre vous, contre moi, vainement je m'éprouve: - Présente, je vous fuis, absente, je vous trouve.
Errante, et sans dessein, je cours dans ce palais. - Ah! Ne puis-je savoir si j'aime ou si je hais?
Ne devais-tu pas lire au fond de ma pensée? - Et ne voyais-tu pas, dans mes emportements, - Que mon coeur démentait ma bouche à tous moments?
L'amour a d'autres yeux que le commun des hommes.
Permettez que mon coeur, en voyant vos beaux yeux, - De l'état de son sort interroge ses dieux.
Ainsi de leurs flatteurs les rois sont les victimes; - Vous avancez leur perte en approuvant leurs crimes; - De la chute des rois vous êtes les auteurs; - Mais les rois en tombant entraînent leurs flatteurs.
Qu'on hait un ennemi quand il est près de nous!
La raison n'agit point sur une populace.
Si la foudre d'abord accablait les coupables!
Ainsi que par César, on jure par sa mère.
Vous n'avez qu'à marcher de vertus en vertus. - Mais, si de vos flatteurs, vous suivez la maxime. - Il vous faudra, Seigneur, courir de crime en crime.
Mais hélas! dans cette cour - Combien tout ce qu'on dit est loin de ce qu'on pense! - Que la bouche et le coeur sont peu d'intelligence!
Quand même à vos bontés, je craindrais quelque obstacle, - Le changement, madame, est commun à la cour; - Et toujours quelque crainte accompagne l'amour.
Toujours la tyrannie a d'heureuses prémices.
Je t'aimais inconstant; qu'aurais-je fait, fidèle?
Pressez: demandez tout, pour ne rien obtenir.
Seigneur, vous entendez. Gardez de négliger - Une amante en fureur qui cherche à se venger.
Peut-on haïr sans cesse? et punit-on toujours?
Que j'ai sur votre vie un empire suprême, - Que vous ne respiriez qu'autant que je vous aime?

Œuvres de Jean Racine

A M. VitartAbrégé de l'Histoire de Port-RoyalAbrégé de l'histoire de Port Royal (édition posthume 1767)Alexandre le grand (1665)Alexandre le grand (1665), III, 2Andromaque (1667)Andromaque (1667), I, 1Andromaque (1667), I, 1, OresteAndromaque (1667), I, 1, PyladeAndromaque (1667), I, 2, PyrrhusAndromaque (1667), I, 4, AndromaqueAndromaque (1667), I, 4, PyrrhusAndromaque (1667), II, 1Andromaque (1667), II, 1, HermioneAndromaque (1667), II, 2, OresteAndromaque (1667), II, 5Andromaque (1667), II, 5, PyrrhusAndromaque (1667), III, 1Andromaque (1667), III, 1, OresteAndromaque (1667), III, 1, Pylade