Est-ce au peuple, madame, à se choisir un maître ? - Sitôt qu'il hait un roi doit-on cesser de l'être ? - Sa haine ou son amour sont-ce les premiers droits, - Qui font monter au trône ou descendre les rois ?

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Noble et brillant auteur d'une triste famille, - Toi, dont ma mère osait se vanter d'être fille, - Qui peut-être rougis du trouble où tu me vois, - Soleil, je te viens voir pour la dernière fois.
Dieux! ne puis-je à ma joie abandonner mon âme?
Car, je n'en doute point, cette jeune beauté - Garde en vain un secret que trahit sa fierté; - Et son silence même, accusant sa noblesse, - Nous dit qu'elle nous cache une illustre princesse.
Qu'à ce monstre à l'instant l'âme soit arrachée.
Je lui vouai dès lors une amitié sincère; je quittai mon pays, j'abandonnai mon père; sur moi par ce départ j'attirai son courroux; et pour tout dire enfin, je m'éloignai de vous.
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La victoire, Créon, n'est pas toujours si belle: - La honte et les remords vont souvent après elle.
La honte suit toujours le parti des rebelles; - Leurs grandes actions sont les plus criminelles: - Ils signalent leur crime en signalant leur bras, - Et la gloire n'est point où les rois ne sont pas.
Plus l'offenseur m'est cher, plus je ressens l'injure.
Est-ce au peuple, Madame, à se choisir un maître? - Sitôt qu'il hait un roi, doit-on cesser de l'être?
Le moindre des tourments que mon coeur a soufferts - Egale tous les maux que l'on souffre aux enfers. - ... - (Les dieux) Prennent-ils donc plaisir à faire des coupables, - Afin d'en faire après d'illustres misérables?