Auteur

Jean-Paul Sartre

Je déteste qu'on me touche par derrière, je voudrais n'avoir pas de dos, je n'aime pas que les gens me fassent des trucs quand je les vois pas.
Je ne lui dirai rien du tout, c'est fini, je lui ai dit cent fois, on ne peut pas faire le bonheur des gens malgré eux.
Ne pas chercher à voir en soi; il n'y a pas d'erreur plus dangereuse.
Qui donc aimera les pauvres si les pauvres ne s'aiment pas entre eux?
Je n'ai qualité ni pour condamner ni pour absoudre: c'est l'affaire de Dieu.
Tu mets du désordre. Et le désordre est le meilleur serviteur de l'ordre établi.
Exister, c'est être là, simplement; les existants apparaissent, se laissent rencontrer, mais on ne peut jamais les déduire.
Ta liberté n'est qu'une gale qui te démange, elle n'est qu'un exil.
Moi, je suis méchante: ça veut dire que j'ai besoin de la souffrance des autres pour exister. Une torche. Une torche dans les coeurs. Quand je suis toute seule, je m'éteins.
L'homme se fait; il n'est pas tout fait d'abord, il se fait en choisissant sa morale, et la pression des circonstances est telle qu'il ne peut pas ne pas en choisir une.
Mais je ne peux plus expliquer à personne ce que je vois. A personne. Voilà : je glisse tout doucement au fond de l'eau, vers la peur.
Nous conservons continuellement la possibilité de changer la signification du passé, en tant que celui-ci est un ex-présent ayant eu un avenir.
L'homme n'est rien d'autre que ce qu'il se fait. Tel est le premier principe de l'existentialisme.
Je ferai le Bien : c'est encore la meilleure manière d'être seul.
Est-ce que c'est possible qu'on soit lâche quand on a choisi les chemins les plus dangereux ? Peut-on juger une vie sur un seul acte ?
Il y a six grandes glaces dans ma chambre à coucher... Quand je parlais, je m'arrangeais pour qu'il y en ait une où je puisse me regarder. Je parlais, je me voyais parler. Je me voyais comme les gens me voient; ça me tenait éveillée.
- Estelle, est-ce que je suis un lâche ? - - Mais je n'en sais rien, mon amour, je ne suis pas dans ta peau. C'est à toi de décider.
Je n'ai pas besoin de faire des phrases. J'écris pour tirer au clair certaines circonstances. Se méfier de la littérature. Il faut tout écrire au courant de la plume sans chercher les mots.
L'essentiel, c'est la contingence. Je veux dire que, par définition, l'existence n'est pas la nécessité. Exister, c'est être là, simplement; les existants apparaissent, se laissent rencontrer, mais on ne peut jamais les déduire.
Tout est gratuit, ce jardin, cette ville et moi-même. Quand il arrive qu'on s'en rende compte, ça vous tourne le coeur et tout se met à flotter, comme l'autre soir... Voilà la nausée.
Une vie... c'est fait avec l'avenir comme les corps sont faits avec du vide.
Peut-être qu'on n'est pas pour soi-même à la manière d'une chose. Peut-être même qu'on n'est pas du tout : toujours en question, toujours en sursis, peut-être doit-on perpétuellement se faire.
On ne peut pas tirer son épingle du jeu. Serions-nous muets et cois comme des cailloux, notre passivité même serait une action.
L'écrivain est en situation dans son époque : chaque parole a des retentissements. Je tiens Flaubert et Goncourt pour responsables de la répression qui suivit la Commune parce qu'ils n'ont pas écrit une ligne pour l'empêcher.
En certaines situations, il n'y a place que pour une alternative dont l'un des termes est la mort. Il faut faire en sorte que l'homme puisse, en toute circonstance, choisir la vie.

Œuvres de Jean-Paul Sartre

A propos du Tintoret.Baudelaire (1946)Cahiers pour une morale (1983)Carnets de la drôle de guerre - Septembre 1939 - Mars 1940 (1983)Cité dans Eloge des femmes mûres (2006) de Stephen Vizinczey.Critique de la raison dialectique (1960)Dans Obliques, Sartre et les arts.Enregistrement phonographique de Jean-Paul Sartre en 1965 en préambule à Huis clos - L'enfer c'est les autresEsquisse d'une théorie des émotions (1938)Huis Clos (1944)Huis Clos (1944), V, EstelleL'Etre et le Néant (1943)L'Idiot de la famille (1971-1972)L'existentialisme est un humanisme (1945)L'existentialisme est un humaniste (1945)L'imagination (1936)La Dernière ChanceLa Putain respectueuse (1946)La nausée (1938)Le Diable et le Bon Dieu (1951)