Auteur

Jean-Paul Sartre

Le mal, ça doit faire mal à tout le monde. Et d'abord à celui qui le fait.
Le Bien, c'est l'amour, bon: mais le fait est que les hommes ne s'aiment pas; et qu'est-ce qui les en empêche? L'inégalité des conditions, la servitude et la misère. Il faut donc les supprimer.
Ce que c'est con, la guerre. Je ne connais rien de plus con.
Etre une conscience c'est s'éclater vers le monde.
Choix et conscience sont une seule et même chose. C'est ce que beaucoup de psychologues ont senti lorsqu'ils ont déclaré que la conscience «était sélection».
Est-ce que tu crois qu'une ville tout entière peut se tromper? Une ville tout entière, avec ses pasteurs et ses curés, avec ses médecins, ses avocats et ses artistes, avec son maire et ses adjoints et ses associations de bienfaisance.
Le trou, c'est d'abord ce qui n'est pas. Traiter un adversaire de trou du cul sans fesses, c'est l'anéantir, en faire un néant de sottise, un zéro. Naturellement, l'attirance pour le trou s'accompagne de répulsion et d'angoisse.
J'en conviens: un avortement n'est pas un infanticide, c'est un meurtre métaphysique. Il ajouta sérieusement: Mon pauvre Mathieu, je n'ai pas d'objections contre le meurtre métaphysique, pas plus que contre les crimes parfaits.
On peut toujours faire quelque chose de ce qu'on a fait de nous.
Un livre non lu est une petite feuille sèche.
Les poètes sont des hommes qui refusent d'utiliser le langage.
Je conçois la lecture comme un acte libre par lequel je donne moi-même un sens à ce qui n'en aurait pas sans moi.
La littérature vous jette dans la bataille; écrire c'est une certaine façon de vouloir se libérer; si vous avez commencé de gré ou de force voue êtes engagés.
La chose, qui attendait, s'est alertée, elle a fondu sur moi, elle se coule en moi, j'en suis plein.
J'existe. C'est doux, si doux, si lent. Et léger: on dirait que ça tient en l'air tout seul. Ca remue. Ce sont des effleurements partout qui fondent et s'évanouissent. Tout doux, tout doux.
Le corps, ça vit tout seul, une fois que ça a commencé. Mais la pensée, c'est moi qui la continue, qui la déroule. J'existe. Je pense que j'existe. Oh! le long serpentin, ce sentiment d'exister - et je le déroule, tout doucement.
On n'est pas un homme tant qu'on n'a pas trouvé quelque chose pour quoi on accepterait de mourir.
L'idée ne me vint pas qu'on pût écrire pour être lu. On écrit pour ses voisins ou pour Dieu. Je pris le parti d'écrire pour Dieu en vue de sauver mes voisins. Je voulais des obligés et non pas des lecteurs.
J'avais trouvé ma religion: rien ne me parut plus important qu'un livre. La bibliothèque, j'y voyais un temple.
Tout homme a son lieu naturel; ni l'orgueil ni la valeur n'en fixent l'altitude: l'enfance décide.
Le progrès m'est toujours apparu comme une faribole et c'est pour cela que je songe moins à changer l'état des choses présent qu'à l'endurer, ce qui me paraît le dernier mot de la sagesse, l'endurer et le comprendre.
Il avait raison: quand on aime trop les enfants et les bêtes, on les aime contre les hommes.
Si l'auteur inspiré, comme on croit communément, est autre que soi au plus profond de soi-même, j'ai connu l'inspiration entre sept et huit ans.
Un crime, ça coupe en deux la vie de celui qui le commet. Il devait y avoir des moments où l'on souhaiterait revenir en arrière, mais il est là, derrière vous, il vous barre le passage.
On devrait pouvoir aimer tout d'une personne, l'oesophage, et le foie, et les intestins. Peut-être qu'on ne les aime pas par manque d'habitude, si on les voyait comme ils voient nos mains et nos bras peut-être qu'on les aimerait.

Œuvres de Jean-Paul Sartre

A propos du Tintoret.Baudelaire (1946)Cahiers pour une morale (1983)Carnets de la drôle de guerre - Septembre 1939 - Mars 1940 (1983)Cité dans Eloge des femmes mûres (2006) de Stephen Vizinczey.Critique de la raison dialectique (1960)Dans Obliques, Sartre et les arts.Enregistrement phonographique de Jean-Paul Sartre en 1965 en préambule à Huis clos - L'enfer c'est les autresEsquisse d'une théorie des émotions (1938)Huis Clos (1944)Huis Clos (1944), V, EstelleL'Etre et le Néant (1943)L'Idiot de la famille (1971-1972)L'existentialisme est un humanisme (1945)L'existentialisme est un humaniste (1945)L'imagination (1936)La Dernière ChanceLa Putain respectueuse (1946)La nausée (1938)Le Diable et le Bon Dieu (1951)