L'idée ne me vint pas qu'on pût écrire pour être lu. On écrit pour ses voisins ou pour Dieu. Je pris le parti d'écrire pour Dieu en vue de sauver mes voisins. Je voulais des obligés et non pas des lecteurs.

À lire aussi de Jean-Paul Sartre

Faut qu'il aille rudement mal, le copain, pour qu'ils aient fait venir un cureton.
Un homme est toujours au-delà de ce qu'il fait.
J'existe. C'est doux, si doux, si lent. Et léger: on dirait que ça tient en l'air tout seul. Ca remue. Ce sont des effleurements partout qui fondent et s'évanouissent. Tout doux, tout doux.
La vérité sort de la bouche des enfants. Tout proches encore de la nature, ils sont les cousins du vent et de la mer : leurs balbutiements offrent à qui sait les entendre des enseignements larges et vagues.
Il y a des hommes qui naissent engagés : ils n'ont pas le choix, on les a jetés sur un chemin, au bout du chemin il y a un acte qui les attend, leur acte ; ils vont, et leurs pieds nus pressent fortement la terre et s'écorchent aux cailloux.
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Dans la même œuvre

Que l'humanité vienne à disparaître, elle tuera ses morts pour de bon.
J'étais un enfant, ce monstre que les adultes fabriquent avec leurs regrets.
Voyez plutôt: seul au milieu des adultes, j'étais un adulte en miniature, et j'avais des lectures adultes; cela sonne faux, déjà, puisque, dans le même instant, je demeurais un enfant.
Ces troubles légers persistèrent jusqu'à l'été: ils m'épuisaient, je m'en agaçais ...
Un ami me considéra d'un air inquiet: «Vous étiez, me dit-il, encore plus atteint que je n'imaginais». Atteint? je ne sais trop. Mon délire était manifestement travaillé.