Œuvre

Les Mouches (1943)

Chaque homme doit inventer son chemin.
On ne peut vaincre le mal que par un autre mal.
La peur, la mauvaise conscience ont un fumet délectable pour les narines des Dieux.
Quand une fois la liberté a explosé dans une âme d'homme, les Dieux ne peuvent plus rien contre cet homme-là.
Le secret douloureux des Dieux et des rois: c'est que les hommes sont libres ... - Tu le sais, et ils ne le savent pas.
La vie humaine commence de l'autre côté du désespoir.
Ah! ne jugez pas les Dieux, jeune homme, ils ont des secrets douloureux.
Est-ce donc nuire aux gens que de leur donner la liberté d'esprit?
Ah! comme je suis libre. Et quelle superbe absence que mon âme.
... un roi doit avoir les mêmes souvenirs que ses sujets.
Ce que je hais en toi, Electre, c'est moi-même. Ce n'est pas ta jeunesse - oh non! - c'est la mienne.
Il faut avoir peur, mon chéri. Grand-peur. C'est comme cela qu'on devient un honnête homme.
Menacer n'est pas répondre ...
... cette barbe noire qui lui court d'une oreille à l'autre comme un régiment d'araignées ...
... on ne peut vaincre le mal que par un autre mal.
Je me sentais moins seule quand je ne te connaissais pas encore: j'attendais l'autre. Je ne pensais qu'à sa force et jamais à ma faiblesse.
Pour aimer, pour haïr, il faut se donner. ... Qui suis-je et qu'ai-je à donner, moi? J'existe à peine, de tous les fantômes qui rôdent aujourd'hui dans la ville, aucun n'est plus fantôme que moi.
... il y a des souvenirs qu'on ne partage pas.
... je suis libre. Par-delà l'angoisse et les souvenirs. Libre. Et d'accord avec moi.
Je suis ma liberté!
... tu étais mon excuse d'exister, car tu m'avais mis a monde pour servir tes desseins, et le monde était une vieille entremetteuse qui me parlait de toi, sans cesse.
Oreste: Viens, nous allons partir et nous marcherons à pas lourds, courbés sous notre précieux fardeau. Tu me donneras la main et nous irons... - Electre: Où? - Oreste: Je ne sais pas; vers nous-mêmes.
Un crime que son auteur ne peut supporter, ce n'est plus le crime de personne, n'est-ce pas? C'est presque un accident.
Hier encore, je marchais au hasard sur la terre, et des milliers de chemins fuyaient sous mes pas, car ils appartenaient à d'autres... Aujourd'hui, il n'y en a plus qu'un, et Dieu sait où il mène: mais c'est mon chemin.
Ne savez-vous pas que les morts n'ont jamais de pitié? Leurs griefs sont ineffaçables, parce que leur compte s'est arrêté pour toujours.