Auteur

Jean le Rond d Alembert

L'orgueil est toujours révoltant; la vanité, toujours ridicule.
Il faut dans la chaire montrer l'homme à lui-même, moins pour le révolter par l'horreur du portrait, que pour l'affliger par la ressemblance.
Quand on sait ou qu'on croit savoir assez de latin, on passe en rhétorique; c'est alors qu'on commence à produire quelque chose de soi-même.
Quelques versificateurs modernes, qui riment richement et s'expriment pauvrement.
Quoique vous sentiez très bien les ridicules, personne n'est plus éloigné que vous d'en donner.
Que les caractères qui sont susceptibles de ridicules en grand sont presque entièrement épuisés; qu'il ne nous reste guère à peindre que des ridicules fugitifs, des ridicules de société et de mode, plus faits pour les sages que pour le parterre.
Dumarsais, disait un riche avare, est un fort honnête homme; il y a quarante ans qu'il est mon ami, il est pauvre, et il ne m'a jamais rien demandé.
Il fut ferme sans intolérance, vigilant sans rigorisme.
Je ne sais ce qui arrivera des vers sans rime; mais je ne désespère pas que, s'ils s'établissent jamais, l'usage ne commence par nos vers lyriques, par ceux qui sont faits pour être chantés.
Elle rit, et avec raison, des sottises des hommes, dont je ferais bien de rire aussi, et dont je rirais comme elle, si je digérais et si je dormais mieux.
Hélas! je ris et je n'en ai guère envie.
Le rire sardonique, qui est la grimace de ceux qui meurent de faim.
Les prêtres et les robins aux prises pour les sacrements.
Sa disgrâce à la cour, qui avait commencé par ses opinions mystiques, fut consommée sans retour par son roman de Télémaque.
Malheur à tout roman que le lecteur n'est pas pressé d'achever!
Cette harmonie douce et flexible, cette rondeur et cette mollesse d'expression et de cadence, cette diction toujours noble et facile (dans Cicéron).
Voiture lui dirait (à Mlle Clairon, dans le rôle d'Olympie) qu'on ne lui reprochera pas de n'être bonne ni à rôtir ni à bouillir.
Les Trublet, se trouvant très illustrés de l'ancienneté sans tache de leur roture, n'ont jamais eu la sotte vanité, comme tant d'autres, de se faire, de bourgeois anciens, gentilshommes nouveaux.
Ils (les jansénistes de Port-Royal) ne se refusaient pas dans leur solitude comme l'a remarqué Racine, le plaisir de faire des sabots, et celui de tourner les jésuites en ridicule.
Ils (les jésuites) disaient pour se défendre, que l'Eglise universelle était saisie de leur cause par l'appel qu'ils avaient fait au futur concile.
C'est une espèce de dictionnaire dont les articles sont courts, mais où il y en a un grand nombre de très plaisants et de très salés.
Dumarsais, sans être aussi modeste que l'abbé Girard, ignorait encore plus que lui les moyens de se procurer les honneurs littéraires.
Racine, Corneille, Molière, etc. ont été accablés de leurs temps par des volumes de satires; qui est-ce qui en connaît aujourd'hui une seule?
Une autre preuve moins équivoque du caractère satirique de Racine, c'est l'épigramme qu'il fit contre le Sésostris de Longepierre.
En les louant (les anciens) à l'excès sans vouloir trop leur ressembler, il a tout à la fois la satisfaction si douce de médire de son siècle et la prudence si nécessaire de rechercher son suffrage.

Œuvres de Jean le Rond d Alembert

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