Œuvre

Destruction des jésuites

La folie des convulsions, qui avait causé des querelles dans le parti même (des jansénistes), avait achevé de les avilir en les rendant ridicules.
On assure que, dès le lendemain de l'expulsion des jésuites, les convulsionnaires ont commencé à la prédire; c'est ainsi qu'ils ont toujours prophétisé.
La nation française qui crie si aisément et qui plus aisément encore se lasse de crier.
Quand on voit combien les querelles si souvent excitées dans le sein du christianisme ont enfoui de talents utiles.
Malgré la réclamation des magistrats, la bulle (Unigenitus) fut enregistrée; tout plia, de gré ou de force, sous le poids de l'autorité royale.
Il craignait que les amis qui leur restaient à la cour n'obtinssent du roi qu'il évoquât à lui seul le jugement de cette affaire.
Celui (le mot) d'escorbarderie pour signifier un adroit mensonge.
Les Lettres Provinciales seront éternellement regardées comme un modèle de goût et de style.
La querelle des sacrements refusés aux jansénistes a été la première étincelle de l'embrasement.
L'événement fera connaître s'ils (les jésuites) sont assez forts pour se maintenir au Paraguai en dépit de l'Espagne.
Il ne faut pas que les jansénistes s'y méprennent: si on a détruit la société (des jésuites), ce n'est ni par amour pour eux ni par estime.
J'apprends dans le moment que cet agent de la société (des jésuites) vient d'être chassé de Rome, et, ce qui ne vous fera pas moins de plaisir, que l'agent des jansénistes en a été chassé le même jour; cela s'appelle faire maison nette et bonne justice.
La durée d'un ouvrage, quelque mérite qu'il ait d'ailleurs, est presque nécessairement liée à celle de son objet.
Les parlements, qui depuis longtemps voyaient de mauvais oeil ces usurpateurs, et qui ne cherchaient qu'une occasion favorable pour s'en défaire, les bannirent du royaume.
Cette légère mortification a fait dire à une dévote janséniste, que leur sort était bien digne d'envie, et qu'ils avaient obtenu la petite-oie du martyre.
Le duc d'Orléans, régent, en tout l'opposé de Louis XIV...
Le premier exploit de ce jésuite féroce et fougueux fut la destruction de Port-Royal, où l'on ne laissa pas pierre sur pierre.
Expulser tous les jésuites est peut-être bien sévère; les conserver tous est peut-être bien dangereux: mais avoir à leur égard deux poids et deux mesures est le plus mauvais de tous les partis.
Ce n'est pas sans raison qu'on les a définis (les jésuites) une épée nue dont la poignée est à Rome.
Ces malheureux porte-Dieu, c'est ainsi qu'on les appelle, ayant pour perspective l'exil d'un côté et la faim de l'autre, (dans les querelles entre le clergé et les parlements).
Un publiciste allemand trouverait là de quoi faire un gros volume, et le sage d'assez courtes, mais d'assez tristes réflexions.
On les représentait (les jésuites) à la fois comme idolâtres du despotisme pour les rendre vils, et comme prédicateurs du régicide pour les rendre odieux; ces deux accusations pouvaient paraître un peu contradictoires.
On a dit en particulier d'Escobar, également connu par l'austérité de ses moeurs et par le relâchement de sa morale, qu'il achetait le ciel bien cher pour lui-même, et le donnait à bon marché aux autres.
Je crois que cette raison seule devrait engager le souverain pontife à relever au moins de leurs voeux tous les jésuites français, espagnols et portugais.
Rien n'irrite davantage les gens raisonnables que des hommes qui ont renoncé au monde, et qui cherchent à le gouverner.