La patrie de Despréaux sera quelque jour l'objet d'une importante controverse d'érudition.
Rien n'est plus propre à former le goût que de démêler, dans les corrections d'un grand écrivain, le motif des arrêts qu'il a prononcés contre lui-même.
Aussi disait-on de Fontenelle qu'il avait été le patriarche d'une secte dont il n'était pas.
Il (Boileau) ignorait jusqu'aux termes les plus communs de la langue des sciences exactes.
Ils sont moins l'ornement que l'exception de l'indéfinissable espèce humaine, qui, dans le reste de ses individus, semble n'avoir été qu'ébauchée par la nature.
Il (Boileau) eût fait main basse sur cette rhétorique triviale, qui consiste à noyer un tas de sophismes dans une mer de paroles oiseuses et de figures ridicules.
Athalie fut peu goûtée lorsqu'elle parut imprimée pour la première fois; Racine crut de bonne foi qu'il avait manqué son sujet, et il l'avouait sincèrement à Despréaux, qui lui soutenait au contraire qu'il n'avait rien fait de mieux qu'Athalie.
Fontenelle, qui, par modération ou par prudence, ne se vengeait jamais et se plaignait rarement, oubliait encore moins.
Fontenelle, neveu très zélé du grand Corneille, et que d'ailleurs Racine avait outragé, nous a laissé un parallèle entre ces deux grands hommes, où il met son oncle fort au-dessus de son ennemi.
Despréaux a su faire passer dans ses vers les beautés propres à chaque genre dont il donne les règles.
Avec quel plaisir ne lit-on pas dans la vie de Racine que, de la même plume dont il écrivait Athalie, ce père sensible traçait à son fils aîné des leçons dictées par la vertu la plus simple!
Artistes ou plutôt artisans malheureux, dont le sort est de refroidir tout ce qu'ils touchent, et d'user tout ce qu'ils polissent.
Tous les frères de Despréaux marquaient des talents précoces, et semblaient promettre d'être de grands hommes; lui seul ne promettait rien, et a tenu ce que promettaient ses frères.
Si l'on était réduit à ne conserver qu'un seul poëte parmi tous ceux que l'antiquité nous a laissés, il faudrait peut-être choisir Horace de préférence à tous les autres.
Le premier mérite auprès des hommes n'est pas d'être bon, c'est de leur être utile ou agréable.
La même réponse que faisait Molière à ceux qui lui reprochaient d'avoir pris une scène entière à Cyrano de Bergerac: cette scène m'appartient, puisqu'elle est bonne, et je prends mon bien où je le trouve.
Ce piége (une adroite flatterie) ne sera jamais usé; l'amour propre des rois et des grands s'y prendra toujours.
Despréaux fut dans ses premières années le contraire de ces petits prodiges de l'enfance, qui souvent dans l'âge mûr sont à peine des hommes ordinaires.
Despréaux écrivait ordinairement ses ouvrages en prose, avant que de les mettre en vers; on assure que Racine en usait de même pour ses tragédies.
On assure que Dacier et sa femme pensèrent un jour mourir d'un ragoût antique, dont ils avaient pris la recette dans Apicius ou dans Apulée.
La Mère coquette de Quinault, donnée à peu près dans le même temps que l'Ecole des femmes, c'est-à-dire dans les premières années de Molière, peut être regardée comme un chef-d'oeuvre de style, surtout par rapport au temps où elle a été faite.
Le Tartufe, cet ouvrage unique au théâtre, d'une utilité qui devrait réconcilier avec les spectacles les véritables gens de bien.
Le roi se fit redire ces vers jusqu'à trois fois, loua beaucoup l'épître, et fit la guerre.
Louis XIV, jeune encore et avide de renommée, qu'il prenait pour la véritable gloire, se préparait à faire la guerre à la Hollande.
Ces représentations, supposées sur la toile, sont peut-être la vraie pierre de touche pour juger de la beauté des images poétiques.