Il est vrai que l'encens était habilement préparé pour chatouiller la modestie revêche du Caton rigide (le duc de Montausier) à qui Despréaux avait besoin de plaire.
Revenons à Despréaux; il sut se procurer à la cour une protection plus puissante que celle du duc de Montausier, celle de Louis XIV lui-même.
Racine, Corneille, Molière, etc. ont été accablés de leurs temps par des volumes de satires; qui est-ce qui en connaît aujourd'hui une seule?
Une autre preuve moins équivoque du caractère satirique de Racine, c'est l'épigramme qu'il fit contre le Sésostris de Longepierre.
La fable de la mort et du bûcheron a été mise en vers par la Fontaine et par Despréaux; qu'on les compare ensemble: la sensibilité respire à chaque vers dans la fable de la Fontaine; chaque vers de celle de Despréaux semble flétri par la sécheresse.
Despréaux, entre autres conseils qu'il s'applaudissait d'avoir donnés à Racine, se vantait de lui avoir appris à faire toujours le second vers avant le premier; c'était, selon lui, un des plus grands secrets de la poésie.
Des hommes plus faits pour juger Despréaux ont mieux rencontré ce talon d'Achille dans la partie du sentiment dont il paraît avoir été privé; c'était, qu'on nous permette cette expression, une espèce de sens qui manquait à cet illustre écrivain.
Parmi nos poëtes modernes, Voltaire a, comme Corneille, le rare avantage d'offrir souvent de ces vers heureux qui appartiennent au poëte, et qui sont comme sa signature.
Rémond de St-Mard, auteur de quelques ouvrages assez médiocres, où il n'a été que le singe de Fontenelle, se déchaînait contre son modèle avec une espèce d'acharnement.
Despréaux n'était guère moins dévoué aux écrivains de l'illustre société de Port-Royal, dont les ouvrages ont tant contribué à rétablir parmi nous l'étude et le goût de la saine antiquité.
Despréaux observait avec raison que les faux thaumaturges avaient très rarement tenté l'opération critique de la résurrection des morts.
Il (Boileau) était aussi réservé que son caractère pouvait le permettre, à l'égard de cette société vindicative (les jésuites), alors très puissante et très dangereuse.
Tous ces coups indirects et dérobés, donnés et reçus de part et d'autre, entretenaient entre le poëte (Boileau) et la Société (des jésuites) une zizanie sourde, qui aurait fini par une guerre déclarée.