Œuvre

Discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751)

La nature de l'homme, dont l'étude est si nécessaire, est un mystère impénétrable à l'homme même, quand il n'est éclairé que par la raison seule.
On nuit plus aux progrès de l'esprit en plaçant mal les récompenses qu'en les supprimant.
Pour avoir le droit d'admirer les erreurs d'un grand homme, il faut savoir les reconnaître, quand le temps les a mises au grand jour.
Que ne coûtent point les premiers pas en tout genre? Le mérite de les faire dispense de celui d'en faire de grands.
Celui qui dit que deux et deux font quatre, a-t-il une connaissance de plus que celui qui se contenterait de dire que deux et deux font deux et deux?
Plusieurs sciences ont été, pour ainsi dire, contemporaines; mais, dans l'ordre historique des progrès de l'esprit, on ne peut les embrasser que successivement,
Ce vaste univers que nous appelons monde corporel ou la nature.
Dans l'ordre de nos besoins et des objets de nos passions, le plaisir tient une de nos premières places, et la curiosité est un besoin pour qui sait penser.
La seconde inégalité, appelée par quelques-uns évaction, est proportionnelle au sinus du double de cette même distance, moins l'anomalie moyenne de la lune.
L'évidence appartient proprement aux idées dont l'esprit aperçoit la liaison tout d'un coup.
Ce sont les hommes inspirés qui éclairent le peuple, et les enthousiastes qui l'égarent.
De là cette foule d'érudits profonds dans les langues savantes jusqu'à dédaigner la leur, qui, comme l'a dit un auteur célèbre, connaissaient tout dans les anciens hors la grâce et la finesse.
Il me semble que la science des esprits appartient bien plus à la théologie révélée qu'à la théologie naturelle.
Combien de lectures inutiles dont nous serions dispensés par de bons extraits!
Ces cartes particulières seront les différents articles de l'Encyclopédie, et l'arbre ou système figuré en sera la mappemonde.
Je ne sais quelle métaphysique du coeur s'est emparée de nos théâtres; s'il ne fallait pas l'en bannir entièrement, encore moins fallait-il l'y laisser régner.
Les notions les plus abstraites, celles que le commun des hommes regarde comme les plus inaccessibles, sont souvent celles qui portent avec elles une plus grande lumière.
Malherbe nourri de la lecture des excellents poëtes de l'antiquité, et prenant comme eux la nature pour modèle.
Tout a des révolutions réglées, et l'obscurité se terminera par un nouveau siècle de lumières.
Il a fallu plusieurs fois se procurer les machines, les construire, mettre la main à l'oeuvre, se rendre, pour ainsi dire, apprenti, et faire soi-même de mauvais ouvrages pour apprendre aux autres comment on en fait de bons.
L'examen de ces propriétés forme cette branche de la philosophie dont toutes les autres empruntent en partie leurs principes: on la nomme l'ontologie ou science de l'être, ou métaphysique générale.
La mémoire, la raison proprement dite, et l'imagination sont les trois manières différentes dont notre âme opère sur les objets de ses pensées.
Toutes les sciences, renfermées dans les faits autant qu'il leur est possible et dans les conséquences qu'on en peut déduire, n'accordent rien à l'opinion que quand elles y sont forcées.
La barbarie dure des siècles, il semble que ce soit notre élément; la raison et le bon goût ne font que passer.
Le pays de l'érudition et des faits est inépuisable.