J'ai pesé, prévu maintes choses. Je m'attends aux faux-pas, aux embûches, aux mécomptes.
Auteur
Georges Duhamel
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J'ai, pendant la fin de mes études, suivi parfois la consultation de Doleris, accoucheur émérite.
Le bouton tourné, le poste émetteur repéré, l'appareil au point voulu, toute la société prête l'oreille.
Au moyen d'un petit canif crasseux mais tranchant, il attaquait en outre les régions de l'ongle inaccessibles aux dents, s'éminçait l'épiderme, se sculptait la pulpe à vif.
Je fabrique un masque pour t'endormir à l'éther. - Je vous remercie, l'odeur du chloroforme m'est si pénible.
J'ai peur de quelque chose qui serait pire que la mort et qui serait l'endurcissement de notre coeur.
A ce point de mes réflexions, je sentis que l'inquiétude allait empoisonner ma joie.
Ce coup final, le monde va l'«encaisser», notre monde, boxeur exténué que la fatalité presse et harcèle sans répit.
Comme tous les Français, constructeurs d'enclos, nous avions un sens jaloux de notre particulier, le goût des murailles, des serrures.
Les gens qui possèdent une encolure de taureau et une mandibule de dogue mettent tout leur personnage dans la nuque et dans la mâchoire.
Mon éminent confrère Elie Faure m'a, lors de ce dernier deuil, écrit une lettre admirable, de sa meilleure encre.
Moi, je n'étais pas mobilisable. J'ai voulu m'engager.
Mais non, mon petit gars, les ministres, je m'en sers quand j'en ai besoin. Et puis, je les enquiquine.
J'avais été raisonnable pendant plus de quatre années et je sentais, tout à coup, que j'allais devenir enragé.
Regardez cette route, là-bas, qui s'enroule à la colline comme une plante grimpante.
Depuis longtemps, ce Français cultivé que j'appelle l'homme d'Occident a renoncé à épeler laborieusement le texte grec.
Ma mère, qui avait perdu deux enfants en bas âge et que nos maladies de petits citadins tenaient en perpétuelles angoisses, ma mère voyait toujours avec épouvante venir la saison des vacances.
On sait que l'épuration, quand elle frappe en haut, correspond à un changement de la classe dirigeante; quand elle frappe en bas, elle se manifeste par des règlements de comptes de l'ordre individuel.
Qu'est donc l'équilibre d'un organisme en mouvement, sinon une lutte perpétuelle pour rétablir le jeu des forces contraires et pour créer un accord d'autant plus beau qu'il est instable et menacé.
La cervelle la mieux équilibrée est soumise, chaque jour, à tous les vertiges.
Ah! voici l'équilibriste en habit noir. Il grimpe, à la force des poignets, jusqu'au sommet de la coupole, jusqu'au trapèze vertigineux. Il pose un des pieds d'une chaise sur un verre à boire qui craque, et il s'assied au-dessus du vide.
J'étais plus souvent dans la rue, à rêver le long des trottoirs et c'est pendant ces errances que j'ai lentement conçu tous les ouvrages qu'il m'a été donné de composer par la suite.
Nul doute: l'erreur est la règle: la vérité est l'accident de l'erreur.
La plus grande beauté d'une ville n'est pas dans les édifices, elle est dans l'espace libre entre les édifices. Les grands artisans de villes sont des sculpteurs d'espace.
L'homme de la rue fait, de ces locutions, un usage non seulement intempérant mais encore vicieux. Il dit: «un espèce d'imbécile».
Œuvres de Georges Duhamel
Chronique des Pasquier (1933-1945)Chronique des Pasquier: I. Le Notaire du Havre (1933-1945)Chronique des Pasquier: I. Le Notaire du Havre (1933-1945), IntroductionChronique des Pasquier: III. Vue de la Terre promise (1933-1945)Chronique des Pasquier: IX. Suzanne et les jeunes hommes (1933-1945)Chronique des Pasquier: V. Le Désert de Bièvres (1933-1945)Chronique des Pasquier: VI. Les Maîtres (1933-1945)Chronique des Pasquier: VIII. Le Combat des ombres (1933-1945)Chronique des Pasquiers: V. Le Désert de Bièvres (1933-1945)Chronique des Pasquiers: VI. Les Maîtres (1933-1945)Chronique des Pasquiers: VII. Cécile parmi nous (1933-1945)Chronique des Pasquiers: VIII. Le Combat des ombres (1933-1945)Chronique des Pasquiers: X. La passion de Joseph Pasquier (1933-1945)Chronique des saisons amères (1944)Civilisation française (1944)Cri des profondeurs (1951)Discours aux nuagesDiscours aux nuagesDéfense des lettres (1937)Défense des lettres (1937), IV