Œuvre

Lumières sur ma vie (1944-1953), La Pesée des âmes

J'étais fiévreux, bien que le mal fût dans le décours.
La défensive, après les épreuves des deux guerres mondiales, semble tout à fait condamnée.
J'avais été raisonnable pendant plus de quatre années et je sentais, tout à coup, que j'allais devenir enragé.
Nous devions nous mouvoir dans une atmosphère d'étuve que je n'ai pas souvent retrouvée, même dans les pays équatoriaux.
La longue et démoralisante expectative, si bien calculée par les maîtres de l'Allemagne, avait somme toute relâché ces âmes françaises.
Je respecte, j'admire le travail de l'historien. Dans la cohue des faits, dans le fatras des documents, il s'efforce de découvrir un principe d'ordonnance.