Œuvre

Manuel du protestataire (1952)

Les récits des captifs nous montrent l'horrible confusion qui régnait en Allemagne à la fin de la tragédie.
Tous les bons observateurs se demandent avec angoisse: «Où mettra-t-on ces voitures? Comment pourront-elles circuler?»
Nous savons bien que presque tous ses collègues n'auront, au fond, qu'une pensée, celle de lui faire un croc-en-jambe, de s'emparer de sa place et de s'emparer de son titre.
En bien des points, tout croisement est difficile, voire impossible, au passage d'un car, même pour la plus étroite des voitures de tourisme.
Les éleveurs ont fait de grands efforts pour conserver les caractères utiles ou rares et, ensuite pour mettre en évidence, par sélection, chez le plus grand nombre possible de sujets, certaines propriétés remarquables.
Le bouton tourné, le poste émetteur repéré, l'appareil au point voulu, toute la société prête l'oreille.
On sait que l'épuration, quand elle frappe en haut, correspond à un changement de la classe dirigeante; quand elle frappe en bas, elle se manifeste par des règlements de comptes de l'ordre individuel.
La cervelle la mieux équilibrée est soumise, chaque jour, à tous les vertiges.
La culture et l'imprégnation sont évidemment deux choses différentes; mais la culture agonise et le temps de l'imprégnation est venu.
Ici, tout ce qui n'est pas interdit est obligatoire.
Un préfet à qui je parlais, naguère, des excès de la paperasse me dit en levant les bras avec désespoir: «Vous, toute cette paperasse vous gêne. Mais moi, elle me paralyse!»
Si Descartes est devenu Descartes c'est qu'il a passé tout un hiver déterminant pour le monde, à rêver seul et en silence dans cette chambre chauffée qu'on appelait le poêle.
Les spécialistes ont tendance à s'enfermer dans leur spécialité, à vivre reclus en face de leurs difficultés ordinaires, et à se désintéresser du reste.