Auteur

Françoise Sagan

Les mots faire l'amour ont une séduction à eux, très verbale, en les séparant de leur sens. Ce terme de faire, matériel et positif, uni à cette abstraction poétique du mot amour, m'enchantait.
Il savait trop bien que les passions sont, quand elles existent, le sel de la vie, et qu'on ne peut, sous leur règne, se passer de sel - ce qu'on fait pourtant si bien le reste du temps.
Quand on est ivre, on dit la vérité et personne ne vous croit.
C'est bien là le pire des ruptures : non seulement on se quitte mais on se quitte pour des raisons différentes.
Je me rendais compte que l'insouciance est le seul sentiment qui puisse inspirer notre vie et ne pas disposer d'arguments pour se défendre.
Ignorait-elle que si le corps sans le coeur n'était pas le paradis, le coeur sans le corps était l'enfer ?
Ce n'est rien d'aimer. Il faut aussi être aimé.
La culture, c'est ce qui reste quand on ne sait rien faire.
On nait en criant, ce n'est pas pour rien, la suite ne peut être que des atténuations de ce cri.
Ce n'est pas parce que la vie n'est pas élégante qu'il faut se conduire comme elle.
Ce n'est pas le doute, c'est la certitude qui rend fou, disait Nietzsche, ou un autre.
Il est vrai que, pendant qu'on joue, l'argent redevient ce qu'il ne devrait jamais cesser d'être : un jouet, des jetons, quelque chose d'interchangeable et d'inexistant dans sa nature même.
Il est d'ailleurs plus sain de prêter des qualités aux autres que de se reconnaître des défauts.
Il sait que ce qui compte, ce n'est pas ce que fait quelqu'un, c'est quelqu'un. Sa présence.
On a aussi peu de liberté maintenant qu'il y a vingt ans : faire l'amour était alors interdit aux jeunes filles ; maintenant c'est presque devenu obligatoire. Les tabous sont les mêmes.
Il est assez agréable de parler d'une ville comme d'un être, et comme à un être de lui reprocher ses défauts.
Je suis une bête qui épie une autre bête au fond de moi.
Je supporte de n'avoir rien à moi, ni le moindre projet ni le moindre souci. Je suis bien dans la vie, c'est affreux, je ne sais pas pourquoi, quelque chose en moi s'accorde avec la vie dès que je m'éveille. Je ne pourrais jamais changer.
Pour qu'un homme et une femme s'aiment vraiment, il ne suffisait pas qu'ils se soient fait plaisir, qu'ils se soient fait rire, il fallait aussi qu'ils se soient fait souffrir.
Je ne suis inscrite à aucun parti politique, mais je suis engagée à gauche. Je déteste tuer, s'il y avait une guerre, je m'en irai, où ? je ne sais pas... Mais s'il y avait une invasion fasciste, je me battrais. Contre une cause indigne, je me battrais.
Elle aurait dû savoir pourtant, comme il l'avait lui-même toujours su, qu'entre un homme et une femme qui s'aiment, la confiance, l'estime et la fidélité étaient aussi obligatoires et nécessaires que le plaisir physique.
N'importe qui peut faire preuve de mémoire. L'imagination, elle, est indépendante et peut être rebelle.
Avec de l'imagination, on se met à la place des autres, et alors on les comprend, donc on les respecte. L'intelligence, c'est, d'abord, comprendre au sens latin du terme.
A partir d'un certain âge, on n'a pour les gens que les sentiments qui vous arrangent, qui ne prennent que la place qu'on peut leur donner. C'est une question d'horaire. On choisit les gens en fonction de la place qui reste.
On ne s'habille pas pour éblouir les autres femmes ou pour les embêter. On s'habille pour se déshabiller. Une robe n'a de sens que si un homme a envie de vous l'enlever, je dis bien l'enlever pas l'arracher en hurlant d'horreur.

Œuvres de Françoise Sagan

Aimez-vous Brahms... (1959)Aimez-vous Brahms?Avec mon meilleur souvenir (1984)Bonheur, impair et passe (1964)Bonjour New-York (2007)Bonjour tristesse (1954)Château en SuèdeDans un mois, dans un an (1957)De guerre lasse (1985)Derrière l'épaule (1998)Des bleus à l'âme (1972)Entretien dans le magazine Lire n°42, février 1979.In Madame Sagan de Geneviève Moll (2005)Interview.Je ne renie rien : Entretiens 1955-1992La Garde du coeur (1972)La Petite Robe noire (2008)La chamade (1965)La robe mauve de ValentineLa robe mauve de Valentine (1963)