Auteur

Françoise Sagan

Je crois qu'on ne peut perdre son temps qu'en pensant à le gagner. Quand je regarde filer les nuages ou que je fais des bêtises, qui pour moi n'en sont pas, je ne perds pas mon temps, car je le vois passer.
Aimer, ce n'est pas seulement aimer bien, c'est surtout comprendre.
La solitude, c'est cette conscience d'un soi immuable, assez perdu et incommunicable à la fois. Presque biologique, en somme.
Ecrire, c'est comme avoir un rendez-d'amour dangereux. - J'ai toujours aimé la littérature. Elle m'a toujours aidée. C'est la seule réponse à la terre. Je n'ai jamais pensé que je lui rendais service.
Il savait qu'en amour il y en a toujours un qui finit par faire souffrir l'autre et que quelquefois, rarement, cette situation est réversible.
Ma seule solution, et je m'en félicite vivement, était de faire ce que j'avais envie de faire : la fête. Ce fut une bien belle fête, d'ailleurs, entrecoupée de romans divers et de pièces diverses. Et là finit mon histoire. Après tout, qu'est-ce que j'y peux ? Ce qui m'a toujours séduite, c'est de brûler ma vie, de boire, de m'étourdir. Et si ça me plaît, à moi, ce jeu dérisoire et gratuit à notre époque mesquine, sordide et cruelle, mais qui, par un hasard prodigieux dont je la félicite vivement, m'a donné les moyens de lui échapper
Ce qui m'a toujours séduite, c'est de brûler ma vie, de boire, de m'étourdir.
Et d'ailleurs, comment ne pas être reconnaissante à ce masque délicieux, un peu primaire, bien sûr, mais qui correspond chez moi à des goûts évidents : la vitesse, la mer, minuit, tout ce qui est éclatant, tout ce qui est noir, tout ce qui vous perd, et donc tout ce qui permet de vous trouver. Car on ne m'ôtera jamais de l'idée que c'est en se colletant avec les extrêmes de soi-même, avec ses contradictions, ses goûts, ses dégoûts et ses fureurs que l'on peut comprendre un tout petit peu, oh, je dis bien, un tout petit peu ce que c'est que la vie
On ne m'ôtera jamais de l'idée que c'est en se colletant avec les extrêmes de soi-même, avec ses contradictions, ses goûts, ses dégoûts et ses fureurs que l'on peut comprendre un tout petit peu, oh, je dis bien, un tout petit peu ce que c'est que la vie
La vitesse, la mer, minuit, tout ce qui est éclatant, tout ce qui est noir, tout ce qui vous perd et donc vous permet de vous trouver.
Ce qui m'a toujours séduite, c'est de brûler ma vie, de boire, de m'étourdir. Et si ça me plaît, à moi, ce jeu dérisoire et gratuit à notre époque mesquine, sordide et cruelle, mais qui, par un hasard prodigieux dont je la félicite vivement, m'a donné les moyens de lui échapper
Mon passe-temps favori, c'est laisser passer le temps, avoir du temps, prendre du temps, perdre du temps, vivre à contretemps
On ne s'habille pas pour éblouir les autres femmes ou pour les embêter. Une robe n'a de sens que si un homme a envie de vous l'enlever, je dis bien l'enlever, pas l'arracher en hurlant d'horreur. Un homme ne vous aime pas pour une robe. Seulement, un jour, il vous réclamera aigrement "cette robe bleue, tu sais" (aux orties depuis deux ans), qu'il n'avait pas semblé voir. Les hommes se souviennent des robes, mais leur mémoire est sélective. Évitez les barboteuses...
Je ne fais pas de plans, je n'en ai jamais fait. Les quelques fois où j'essayai, ils tombèrent très vite à l'eau, ce qui est normal. J'embarque mes héros au début de mes livres, je les mets en rapport et les laisse un long moment se débrouiller sans moi. Je veux dire que les propos ou les gestes qu'ils s'inspirent les uns les autres précisent leur personnalité, au départ confuse, et qu'il suffit d'attendre pour que leurs caractères s'imposent. Même si au départ ils sont pratiquement libres, j'en aurais vu beaucoup s'écarter radicalement de leur rôle original. [...] Ils ne tournèrent casaque qu'une fois le bateau parti, et pour mon plus grand plaisir : je n'ai jamais été autoritaire d'abord, et ensuite, tous ces renversements me plaisaient. C'est très agréable d'écrire un livre dans ces conditions, avec autant de curiosité, peut-être plus que le lecteur.
Dans ce village du Lot où il fait froid et beau, où un feu crépitait toute la nuit au pied de [mon] lit… Là-bas, tout me plaisait et tout me réchauffait l’âme. Je redécouvrais tout. Il n’y a pas d’âge pour réapprendre à vivre. On dirait qu’on ne fait que ça, toute sa vie.
Il n'y a pas d'âge pour réapprendre à vivre. On dirait même qu'on ne fait que ça, toute sa vie. Repartir. Recommencer. Respirer à nouveau. Comme si on apprenait jamais rien de l'existence sauf parfois, une caractéristique de soi-même.

Œuvres de Françoise Sagan

Aimez-vous Brahms... (1959)Aimez-vous Brahms?Avec mon meilleur souvenir (1984)Bonheur, impair et passe (1964)Bonjour New-York (2007)Bonjour tristesse (1954)Château en SuèdeDans un mois, dans un an (1957)De guerre lasse (1985)Derrière l'épaule (1998)Des bleus à l'âme (1972)Entretien dans le magazine Lire n°42, février 1979.In Madame Sagan de Geneviève Moll (2005)Interview.Je ne renie rien : Entretiens 1955-1992La Garde du coeur (1972)La Petite Robe noire (2008)La chamade (1965)La robe mauve de ValentineLa robe mauve de Valentine (1963)