On croit toujours que ses sentiments, parce qu'on change de partenaire, de vie et d'âge, sont différents de ceux de l'adolescence alors qu'ils sont rigoureusement identiques.
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Je suis une bête qui épie une autre bête au fond de moi.
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Nous vivions de silences heureux et de phrases inachevées, comme si nous avions, d'un même mouvement, confié le vrai dialogue à nos corps.
La musique de jazz, c'est une insouciance accélérée.
On ne m'ôtera jamais de l'idée que c'est en se colletant avec les extrêmes de soi-même, avec ses contradictions, ses goûts, ses dégoûts et ses fureurs que l'on peut comprendre un tout petit peu, oh, je dis bien, un tout petit peu ce que c'est que la vie
... la terre est peuplée de truqueurs et de bavards, qui se servent des mots comme d'une monnaie qu'ils sauraient fausse.
Dans la même œuvre
Il y avait longtemps que je n'avais vécu avec moi-même. C'est d'un effet curieux.
Il me semble que désormais mes seuls rapports heureux avec moi-même, en dehors des autres êtres et des quelques moments d'exaltation ou de bien-être physique que la nature me procure, ne pourront être que littéraires.
Je m'épie. Je suis une bête qui épie une autre bête au fond de moi.
J'avais seize ans. J'ai eu seize ans. Je n'aurai plus seize ans, moi qui me sens la jeunesse même. Je n'ai pas vieilli en fait, je n'ai renoncé à rien.
Car enfin, quand on n'a plus personne à embrasser, et que la solitude équivaut à un travail que personne ne vous demande plus, la vie doit être triste.