On ne m'ôtera jamais de l'idée que c'est en se colletant avec les extrêmes de soi-même, avec ses contradictions, ses goûts, ses dégoûts et ses fureurs que l'on peut comprendre un tout petit peu, oh, je dis bien, un tout petit peu ce que c'est que la vie
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Il me semble que désormais mes seuls rapports heureux avec moi-même, en dehors des autres êtres et des quelques moments d'exaltation ou de bien-être physique que la nature me procure, ne pourront être que littéraires.
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Il n'y a pas d'âge pour réapprendre à vivre. On dirait même qu'on ne fait que ça, toute sa vie. Repartir. Recommencer. Respirer à nouveau. Comme si on apprenait jamais rien de l'existence sauf parfois, une caractéristique de soi-même.
La solitude, c'est cette conscience d'un soi immuable, assez perdu et incommunicable à la fois. Presque biologique, en somme.
Je ne suis inscrite à aucun parti politique, mais je suis engagée à gauche. Je déteste tuer, s'il y avait une guerre, je m'en irai, où ? je ne sais pas... Mais s'il y avait une invasion fasciste, je me battrais. Contre une cause indigne, je me battrais.
Et, à mon sens, il faut beaucoup de courage pour se tuer. Il suffit de penser au nombre de gens qui n'ont que ça à faire et n'y parviennent pas.
Dans la même œuvre
Il y avait longtemps que je n'avais vécu avec moi-même. C'est d'un effet curieux.
Je m'épie. Je suis une bête qui épie une autre bête au fond de moi.
J'avais seize ans. J'ai eu seize ans. Je n'aurai plus seize ans, moi qui me sens la jeunesse même. Je n'ai pas vieilli en fait, je n'ai renoncé à rien.
Car enfin, quand on n'a plus personne à embrasser, et que la solitude équivaut à un travail que personne ne vous demande plus, la vie doit être triste.
Je suis une bête qui épie une autre bête au fond de moi.