Je deviens l'ennemi des hommes dès que je suis en contact avec eux. En revanche, invariablement, plus je déteste les gens en particulier, plus je brûle d'amour pour l'humanité en général.
Auteur
Fiodor Dostoïevski
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Une femme est toujours une femme, fût-elle nonne.
On parle parfois de la cruauté de l'homme, et on la compare à celle des fauves : que c'est injuste pour ceux-ci ! les fauves n'ont pas la cruauté artistique des hommes.
Je te dois un aveu. Je n'ai jamais pu comprendre comment on peut aimer son prochain. C'est précisément, à mon avis, le prochain qu'on ne peut aimer ; les êtres éloignés, le lointain, soit ! Mais le prochain !
Partout le cerveau des hommes cesse aujourd'hui ironiquement de comprendre que la véritable garantie de la personne réside non dans un effort personnel isolé, mais dans la solidarité des hommes.
Il n'y a rien de plus plaisant que de ne pas se gêner devant les autres mais d'agir ouvertement et sans retenue.
Mais le plaisir est toujours utile et un pouvoir absolu, sans limites, fût-ce sur une mouche, est aussi une sorte de jouissance. L'homme est un despote par nature : il aime faire souffrir.
L'homme n'a fait qu'inventer Dieu pour vivre sans se tuer : voilà le résumé de l'histoire universelle jusqu'à ce moment.
La femme russe donne tout quand elle aime, et l'instant et la destinée, et le présent, et l'avenir : elles ne savent pas faire d'économies, elles ne font pas de réserves et leur beauté s'en va, au profit de celui qu'elles aiment.
Pour se conduire avec sagesse, l'intelligence seule ne suffit pas.
Ah ! messieurs ! il se peut que je me considère comme extrêmement intelligent pour la seule raison que de toute ma vie, je n'ai jamais pu rien commencer ni finir.
On n'est jamais arrivé à aucune vérité sans s'être trompé au moins quatorze fois ou peut-être même cent quatorze et c'est peut-être un honneur en son genre.
Non ! J'aime cela, qu'on se trompe !... C'est la seule supériorité de l'homme sur les autres organismes. C'est ainsi qu'on arrive à la vérité ! Je suis un homme, et c'est parce que je me trompe que je suis un homme.
L'humanité devient trop bruyante et trop industrielle, aux dépens de sa quiétude morale.
Le talent a besoin de sympathie ; il faut qu'on le comprenne.
Je pense qu'il faut aimer la vie avant toute chose.
Aimer avant de réfléchir, sans logique, comme tu dis, et, quant au sens, ne s'en occuper qu'ensuite. Il y a longtemps que je me suis dit cela. Mais tu as aimé la vie : il faut maintenant tâcher de la comprendre, c'est le salut.
Le bagne, les travaux les plus pénibles ne développent dans le criminel que la haine, que la soif des plaisirs défendus, qu'une insouciance effroyable.
Il me semble qu'on connaît un homme à son rire et que si, à première rencontre, un inconnu rit d'une manière agréable, le fond est excellent.
Je ne comprends décidement pas pourquoi il est plus glorieux de bombarder de projectiles une ville assiégée que d'assassiner quelqu'un à coups de hache.
Essayez de concevoir la seconde, que dis-je le quart de seconde, pendant lequel le criminel entend glisser le couperet qui doit le décapiter... Il n'y a rien de plus hallucinant.
Si le juge était juste, peut-être le criminel ne serait pas coupable.
A mesure que vous progresserez dans l'amour, vous vous convaincrez que Dieu existe et que l'âme est immortelle.
Il n'existe pas pour l'homme aussitôt qu'il se sent libre de souci plus constant, plus cuisant, que de trouver quelqu'un à adorer.
Lacivilisation a rendu l'homme sinon plus sanguinaire, en tout cas plus ignoblement sanguinaire que jadis.
Œuvres de Fiodor Dostoïevski
BobokCité dans Eloge des femmes mûres (2006) de Stephen Vizinczey.Correspondance, à Anna Gregorievna, 18 mai 1867Crime et Châtiment (1866)Crime et Châtiment (1866), III, 3Crime et Châtiment (1866), III, 5Crime et Châtiment (1866), VI, 7Dans La Folie (1980) de Roland Jaccard.Dans mon souterrainHumiliés et offensés (1861)Journal d'un écrivainJournal d'un écrivain (1873-1881)Journal d'un écrivain, 1873, le MilieuJournal d'un écrivain, 1877L'Adolescent (1875)L'IdiotL'Idiot (1868)L'Idiot (1868), III, 10Le Double (1846)Le Joueur (1866)