Ce n'est pas en altitude que niche la vérité, c'est vers le bas. Elle gîte. Faut descendre. Faut creuser.
Quand on pose les questions, on s'expose aux réponses.
La mort s'annonce de loin, par ces petites interdictions de vivre.
Une cave, c'est la mémoire de la maison. Ce n'est pas seulement plein de choses dont on ne se sert plus, c'est aussi plein de souvenirs qu'on ne veut pas oublier.
Or, c'est dans la conscience de son présent que l'individu se construit, pas en le fuyant.
En d'autres termes, pas d'affolement, rien ne se passe comme prévu, c'est la seule chose que nous apprend le futur en devenant du passé.
Donc, j'étais un mauvais élève. Chaque soir de mon enfance, je rentrais à la maison poursuivi par l'école. Mes carnets disaient la réprobation de mes maîtres. Quand je n'étais pas le dernier de ma classe, c'est que j'en étais l'avant-dernier.
L'amour rend aveugle. L'amour doit rendre aveugle ! Il a sa propre lumière. Eblouissante.
Rien de tranquillisant comme un zéro perpétuel en math ou en orthographe : en excluant l'éventualité d'un progrès, il supprime les inconvénients de l'effort.
Il est sage de se réconcilier avec notre adolescence ; haïr, mépriser, nier ou simplement oublier l'adolescent que nous fûmes est en soi une attitude adolescente, une conception de l'adolescence comme maladie mortelle.
La seule recette c'est de s'occuper de soi. Je veux dire s'occuper de soi, de l'un et de l'autre, dans l'instant, là, de toi et de moi. Total, nous nous sommes si bien occupés de nous, qu'aujourd'hui, il faut nous occuper de toi.
Ca va se construire : une charpente d'illusions sur les fondations du doute, les murs vaporeux de la métaphysique, le mobilier périssable des convictions, le tapis volant des sentiments...
Ce qui tu l'amour, c'est la culture amoureuse.
Tu veux bien être mon porte-avions ? Je viendrai me poser de temps en temps, refaire mon plein de sens.
Un ministre n'attend jamais qu'on le félicite il se félicite lui-même.
Mais nous relisons surtout gratuitement, pour le plaisir de la répétition, la joie des retrouvailles, la mise à l'épreuve de l'intimité.
C'est dans la conscience de son présent que l'individu se construit, pas en le fuyant.
Rien ne se passe comme prévu, c'est la seule chose que nous apprend le futur en devenant du passé.
L'éternité est ainsi faite que les morts et les zanaître ne se causent pas. Ils communiquent par les prières des vivants.
Ce qu'ils veulent, ce n'est pas la vérité, voyez-vous, c'est la cohérence.
Renoncé au café depuis mon opération. Impression que le thé me nettoie. Une sorte de douche intérieure. T'en bois un, t'en pisse trois, disait Violette.
Le deuil pour seule culture, j'ai développé un chagrin solitaire et colérique. Il est difficile de discerner ce que nous ôtent, en mourant, ceux que nous avons aimés.
Quand il m'arrive de rencontrer un ancien élève qui se déclare heureux des heures passées dans ma classe, je me dis qu'au même instant, sur un autre trottoir, se promène peut-être celui pour qui j'étais l'éteignoir de service.
Je regarde autour de moi : le fait que le Dieu Hasard bute par bonheur les célibataires en priorité, ne semble pas perturber le petit monde familial du métropolitain.
- Vous voulez dire que vos prisonniers sont en train de construire leurs propres cellules ? s'est exclamée Julie. - N'est-ce pas ce que nous faisons tous ?
Œuvres de Daniel Pennac
Au bonheur des ogres (1985)Aux fruits de la passion (1999)Cabot-Caboche (1982)Chagrin d'école (2007)Comme un romanComme un roman (1992)Contact, l'encyclopédie de la création (Emission de TV canadienne).Des chrétiens et des Maures (1996)Interview.Journal d'un corps (2012)Journal d'un corps (2012), (70 ans)Journal d'un corps (2012), Lundi 26 juillet 2010 (86 ans, 9 mois, 16 jours)Journal d'un corps (2012), Mercredi 18 novembre 1936 (13 ans, 1 mois, 8 jours)Kamo et moiL'oeil du loup (1984)La Vie de famille (2004)La fée carabine (1987)La petite marchande de prose (1989)Le Dictateur et le hamac (2003)Le Roman d'Ernest et Célestine (2012)