Auteur

Daniel Pennac

Le bonheur c'est à la fois immense et minuscule.
La torture, ça ne consiste pas seulement à faire mal, ça consiste à désoler un être jusqu'à ce qu'il soit très loin de l'espèce humaine.
Ne jamais sous-estimer la fiction. Surtout quand elle est sauvagement pimentée de réel.
L'argent a toujours paru suspect aux Français; ce qui me paraît suspect à moi, c'est d'en vouloir et de ne pas en gagner.
Je rêve d'une humanité qui n'aurait à coeur que le bonheur de son voisin de palier.
La lecture ne relève pas de l'organisation du temps social, elle et, comme l'amour, une manière d'être.
La réalité est toujours plus supportable que le phantasme.
C'est peut-être cela enseigner : en finir avec la pensée magique, faire en sorte que chaque cours sonne l'heure du réveil.
La solidarité est éminemment soluble dans le danger.
C'est sa durée, et elle seule, qui authentifie le réel. Qu'un cauchemar ne finisse pas, il devient votre réalité, et il faut bien faire avec. Que votre vie s'achève, elle n'était qu'un songe, et il faut bien ne plus faire avec.
Pas d'affolement, rien ne se passe comme prévu, c'est la seule chose que nous apprend le futur en devenant du passé.
La réponse absurde se distingue de la fausse en ce qu'elle ne procède d'aucune tentative de raisonnement.
Il faut savoir jouer avec le savoir. Le jeu est la respiration de l'effort, l'autre battement du coeur, il ne nuit pas au sérieux de l'apprentissage, il en est le contrepoint.
Sais-tu la différence en un professeur et un outil ? Non ? Le mauvais prof n'est pas réparable.
- Les profs, ils nous prennent la tête, m'sieur ! - Tu te trompes. Ta tête est déjà prise. Les professeurs essayent de te la rendre.
Il faudrait inventer un temps particulier pour l'apprentissage, le présent d'incarnation, par exemple. Je suis ici, dans cette classe, et je comprends, enfin ! Ca y est ! Mon cerveau diffuse dans mon corps : ça s'incarne.
Les maux de grammaire se soignent par la grammaire, les fautes d'orthographe par l'exercice de l'orthographe, la peur de lire par la lecture, celle de ne pas comprendre par l'immersion dans le texte.
Mais c'est cela, enseigner : c'est recommencer jusqu'à notre nécessaire disparition de professeur.
Tout le mal qu'on dit de l'école nous cache le nombre d'enfants qu'elle a sauvé des tares, des préjugés, de la morgue, de l'ignorance, de la bêtise, de la cupidité, de l'immobilité ou du fatalisme des familles.
Une bonne classe, ce n'est pas une régiment qui marche au pas, c'est un orchestre qui travaille la même symphonie.
Si l'on guérit parfois de la cancrerie, on ne cicatrise jamais tout à fait des blessures qu'elle nous infligea.
Le droit de l'enfant, c'est d'être un homme, écrivait Hugo dans Choses vues.
La plupart se font de l'avenir une représentation qui est une projection du présent sur la toile obsédante du futur.
Naître, c'est à la portée de tout le monde ! Même moi, je suis né ! Mais il faut devenir ensuite ! devenir !
L'énumération des paramètres c'est l'agonie de l'espérance. Rien ne peut jamais marcher si l'on songe à tout ce qu'il faut pour que ça marche.

Œuvres de Daniel Pennac

Au bonheur des ogres (1985)Aux fruits de la passion (1999)Cabot-Caboche (1982)Chagrin d'école (2007)Comme un romanComme un roman (1992)Contact, l'encyclopédie de la création (Emission de TV canadienne).Des chrétiens et des Maures (1996)Interview.Journal d'un corps (2012)Journal d'un corps (2012), (70 ans)Journal d'un corps (2012), Lundi 26 juillet 2010 (86 ans, 9 mois, 16 jours)Journal d'un corps (2012), Mercredi 18 novembre 1936 (13 ans, 1 mois, 8 jours)Kamo et moiL'oeil du loup (1984)La Vie de famille (2004)La fée carabine (1987)La petite marchande de prose (1989)Le Dictateur et le hamac (2003)Le Roman d'Ernest et Célestine (2012)