Le passé, l'avenir, ces deux moitiés de vie dont l'une dit jamais et l'autre dit toujours.
Auteur
Alphonse de Lamartine
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Les utopies ne sont souvent que des vérités prématurées.
Ainsi tout change, ainsi tout passe - Ainsi nous-même, nous passons - Hélas - Sans laisser plus de trace - Que cette barque où nous glissons - Sur cette mer où tout s'efface.
Et qu'est-ce que la gloire? Un vain son répété, - Une dérision de notre vanité, - Un nom qui retentit sur des lèvres mortelles, - Vain, trompeur, inconstant, périssable comme elles.
Naître avec le printemps, mourir avec les roses: - Sur l'aile du zéphyr nager dans un ciel pur; - Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses, - S'enivrer de parfums, de lumière et d'azur; - ... - Voilà du papillon le destin enchanté.
Et qu'est-ce que la vie? Un réveil d'un moment, - De naître et de mourir un court étonnement, - Un mot qu'avec mépris l'Eternel prononce: - Labyrinthe sans clef, question sans réponse.
Amitié, doux repos de l'âme, crépuscule charmant des coeurs...
Peut-être l'avenir me gardait-il encore - Un retour de bonheur dont l'espoir est perdu! - Peut-être, dans la foule, une âme que j'ignore - Aurait compris mon âme, et m'aurait répondu!...
Ton titre devant Dieu, c'est d'être son ouvrage, - Tout est bien, tout est bon, tout est grand à sa place; - Aux regards de ce lui qui fut l'immensité - L'insecte vaut un monde: ils ont autant coûté.
Mais peut-être au-delà des bornes de sa sphère - \r\nLieux où le vrai soleil éclaire d'autres cieux - \r\nSi je pouvais laisser ma dépouille à la terre - \r\nCe que j'ai tant rêvé paraîtrait à mes yeux !
Qu'importe aux coeurs unis ce qui change autour d'eux?
Ignorant d'où je viens, incertain où je vais.
La vie est ton navire et non pas ta demeure.
Cependant, s'élançant de la flèche gothique, - Un son religieux se répand dans les airs: - Le voyageur s'arrête, et la cloche rustique - Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.
Ah! laisse refleurir encor - Ces lueurs d'arrière-saison! - Le soir d'été qui s'évapore - Laisse une pourpre à l'horizon. - Oui, meurs en brûlant, ô mon âme, - Sur ton bûcher d'illusions, - Comme l'astre éteignant sa flamme - S'ensevelit dans ses rayons!
Celui qui sait attendrir sait tout.
Nulle part le bonheur ne m'attend.
Je voudrais maintenant vider jusqu'à la lie - Ce calice mêlé de nectar et de fiel! - Au fond de cette coupe où je buvais la vie, - Peut-être restait-il une goutte de miel?
Le drapeau tricolore a fait le tour du monde avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie.
Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie: - Emportez-moi comme elle, orageux aquilons!
Ici, gronde le fleuve aux vagues écumantes; - Il serpente, et s'enfonce en un lointain obscur; - Là, le lac immobile étend ses eaux dormantes - Où l'étoile du soir se lève dans l'azur.
Mais de tous ces accents dont le bord vous salue, - Aucun n'est aussi doux sur la terre ou les mers - Que le son caressant d'une voix inconnue, - Qui récite au poète un refrain de ses vers.
Voilà pourquoi les fleurs, ces prières écloses - Dont Dieu lui-même emplit les corolles de miel, - Pures comme ces lis, chastes comme ces roses, - Semblent prier pour nous dans les maisons du ciel.
Il est ouvert, il fume encore - Sur le sol, ce profond dessin.
J'ai trop veillé; mon âme est lasse - De ces rêves qu'un rêve chasse.
Œuvres de Alphonse de Lamartine
A la Chambre des Députés, 10 janvier 1839.Confidences (1849)Correspondance, 1836Cours familier de littératureCours familier de littérature (1856)Cours familier de littérature (1856), La vigne et la maisonDiscours, 25 février 1848Discours, 25 février 1848.Fior d'Aliza (1863)GraziellaGraziella (1852)Graziella (1852), II, 13Graziella (1852), II, 16Graziella (1852), III, 15Harmonies poétiques et religieusesHarmonies poétiques et religieuses (1830)Harmonies poétiques et religieuses (1830), I, 8, Hymne du soir dans les templesHarmonies poétiques et religieuses (1830), I, InvocationHarmonies poétiques et religieuses (1830), II, 1, Pensée des mortsHarmonies poétiques et religieuses (1830), II, 14, Le premier regret