Auteur

Alphonse de Lamartine

Quel crime avons-nous fait pour mériter de naître?
Rien d'humain ne battait sous ton épaisse armure.
Rien n'est vrai, rien n'est faux; tout est songe et mensonge, - Illusion du coeur qu'un vain espoir prolonge. - Nos seules vérités, hommes, sont nos douleurs.
Salut, bois couronnés d'un reste de verdure! - Feuillages jaunissants sur les gazons épars! - Salut, derniers beaux jours! le deuil de la nature - Convient à la douleur et plaît à mes regards!
Toi que j'ai recueilli sur sa bouche expirante - Avec son dernier souffle et son dernier adieu, - Symbole deux fois saint, don d'une main mourante, - Image de mon Dieu!
Tu n'as qu'un jour pour être juste, - J'ai l'éternité devant moi!
Un grand peuple sans âme est une vaste foule!
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé.
Une conscience sans Dieu, c'est un tribunal sans juge.
Voltaire! Quel que soit le nom dont on le nomme, - C'est un cycle vivant, c'est un siècle fait homme ...
Les mêmes souffrances unissent mille fois plus que les mêmes joies.
Aimons donc, aimons donc! de l'heure fugitive, - Hâtons-nous jouissons !
Mais le temps? Il n'est plus. Mais la gloire? Hé! qu'importe - Cet écho d'un vain son qu'un siècle à l'autre apporte, - Ce nom, brillant jouet de la postérité!
Le pathétique seul est infaillible dans l'art.
L'oeil ébloui se perd dans leur foule innombrable (des insectes); - Il en faudrait un monde à faire un grain de sable.
Le monde est un livre dont chaque pas nous ouvre une page.
Toutes les grandes lectures sont une date dans l'existence.
Les liaisons sont des serments tacites que la morale peut désapprouver, mais que l'usage excuse et que la fidélité justifie.
Je te salue, ô Mort! Libérateur céleste; - Tu ne m'apparais point sous cet aspect funeste - Que t'a prêté longtemps l'épouvante ou l'erreur.
Il est un nom caché dans l'ombre de mon âme, - Que j'y lis nuit et jour et qu'aucun oeil n'y voit, - Comme un anneau perdu que la main d'une femme - Dans l'abîme des mers laissa glisser du doigt.
- Oh! dites-nous ce nom, ce nom qui fait qu'on aime, - Qui laisse sur la lèvre une saveur de miel! - - Non, je ne le dis pas sur la terre à moi-même: - Je l'emporte au tombeau pour m'embellir le ciel.
Et le rapide oubli, second linceul des morts, - A couvert le sentier qui menait vers ces bords.
Ma patrie est partout où rayonne la France, - Où son génie éclate aux regards éblouis! - Chacun est du climat de son intelligence; - Je suis concitoyen de toute âme qui pense: - La vérité, c'est mon pays.
Comme un lys sur les eaux et que la rame incline - Sa tête mollement penchait sur sa poitrine.
Sur la plage sonore où la mer de Sorrente - Déroule ses flots bleus au pied de l'oranger, - Il est, près du sentier, sous la haie odorante, - Une pierre, petite, étroite, indifférente - Aux pas distraits de l'étranger!

Œuvres de Alphonse de Lamartine

A la Chambre des Députés, 10 janvier 1839.Confidences (1849)Correspondance, 1836Cours familier de littératureCours familier de littérature (1856)Cours familier de littérature (1856), La vigne et la maisonDiscours, 25 février 1848Discours, 25 février 1848.Fior d'Aliza (1863)GraziellaGraziella (1852)Graziella (1852), II, 13Graziella (1852), II, 16Graziella (1852), III, 15Harmonies poétiques et religieusesHarmonies poétiques et religieuses (1830)Harmonies poétiques et religieuses (1830), I, 8, Hymne du soir dans les templesHarmonies poétiques et religieuses (1830), I, InvocationHarmonies poétiques et religieuses (1830), II, 1, Pensée des mortsHarmonies poétiques et religieuses (1830), II, 14, Le premier regret