Auteur

Alexandre Pouchkine

L'habitude est l'âme des Etats.
Pope et baladin ne sont point copains.
Ce que nous recherchons, c'est le fruit défendu. Sans lui, le Paradis n'est pas pour nous le Paradis.
Heureux celui qui fut jeune en son jeune âge, heureux celui qui sut mûrir à temps.
A une vérité ténue et plate, je préfère un mensonge exaltant.
Ce qui convient à Londres est prématuré à Moscou.
Les proverbes sont particulièrement utiles dans les cas où, de nous-mêmes, nous ne trouvons pas grand-chose pour nous justifier.
«J'achèterai tout», a dit l'or; - «Je prendrai tout», a dit l'épée.
Adieu donc, ô mer. Mais je n'oublierai - Jamais ta majesté ni tes spendeurs, - Et longtemps, longtemps en moi j'entendrai - Ton lourd bruissement aux heures du soir.
Le Caucase est sous moi. Venu seul jusqu'en haut - Je domine la neige au-dessus de l'abîme; - Puis un aigle envolé d'une lointaine cime - Vers moi plane, immobile, et reste à mon niveau.
Pourvu que l'on ait une auge, on trouvera les cochons.
Je ne suis pas d'humeur à risquer le nécessaire pour gagner le superflu.
L'habitude est un don du ciel, - Qui fait office de bonheur.
Les passions sont imprudentes. Faut-il leur en faire grief ?
Je me rappelle un jour d'orage; - J'étais jaloux de tous ces flots - Qui venaient, chacun à son tour, - Ramper, pleins d'amour, à tes pieds ! - J'aurais voulu, comme la mer, - Effleurer ces pieds de mes lèvres !
Mortels ! vous êtes tous semblables - A Eve, notre bonne aïeule : - Ce que vous tenez vous ennuie. - Toujours le serpent vous attire - Vers les mystères de son arbre. - Il vous faut du fruit défendu. - Sans quoi l'Eden est insipide.
Peut-être notre âme craintive - Devant la jeunesse du monde - Se souvient-elle des années - Qui plus jamais ne reviendront.
L'âge me pousse vers la prose, - \r\nL'âge chasse la folle rime, - \r\nQue, je l'avoue en soupirant, - \r\nJe courtise moins ardemment.
La parenté, ce sont ces gens - Pour qui nous avons des égards, - Qu'il nous faut aimer, respecter, - A qui (la coutume l'exige) - Nous devons, autour de Noël, - Une visite ou une lettre, - Afin que le reste du temps - Ils cessent de penser à nous.
Pour sa part, l'ardente jeunesse - \r\nEst hors d'état de rien cacher. - \r\nHaine, amour, bonheur ou tristesse, - \r\nElle est prête à tout révéler.
L'ivresse du monde est mortelle, - Et nous sommes pris vous et moi, - Chers amis, dans son tourbillon.
Les réformes les meilleures et les plus solides sont celles qui proviennent d'une amélioration des moeurs, sans aucun ébranlement opéré par contrainte.
Comme la lampe qui pâlit devant l'aurore éblouissante, ainsi le faux savoir palpite et se consume devant le soleil de l'esprit. Que vive le soleil ! Que meurt la nuit !
Je vous aimais dans le silence et sans espoir, - Ou timide ou jaloux, mais toujours torturé, - Je vous aimais d'un amour si profond, si tendre... - Puisse Dieu vous offrir un autre amour semblable.
Tout le Caucase est là. Seul, du haut de ma cime - Je domine la neige, aux crêtes des ravins ; - Un aigle s'envolant sur un sommet lointain - Là-bas plane, immobile, aussi haut que moi-même.

Œuvres de Alexandre Pouchkine

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