Œuvre

La Grande Intrigue V, Time to turn (2010)

Dans un monde de communication et d'information, ce qui se perdait en route, paradoxalement, c'était le réel.
Nous vivons intégralement reliés à des satellites, à des signaux, à des machines que nous ne séparons même plus de notre corps. Nous sommes désormais le produit de nos artefacts.
Ce que laisse un homme, dans le meilleur des cas, c'est la trace de ses intentions.
Ainsi «l'amour», enfin le genre d'amour auquel ils sont en proie, fait-il apparaître en nous un individu secret, que le monde ne connaît pas. Nous sommes un dieu.
Il y a chez les amoureux cette odieuse conviction de leur supériorité, ce bonheur égoïste d'être sauvés, eux, l'un par l'autre.
Tout le monde manque. C'est même la caractéristique de l'être humain: manquer. Personne ne fait l'affaire. On manque. On ne comble pas.
Qui n'a pas découvert en lui-même cet autre, cet inconnu, plus fort que soi, et qui peut détruire vos plus belles joies, ne sait pas non plus à quel point l'existence est impitoyable!
Le rite, quel qu'il soit, prend en quelque façon le défunt en charge; il le sépare des vivants qui le pleurent, il allège leur fardeau.
Un homme, c'est ce qui pleure un jour, d'amour. Un homme, c'est ce qui en mourra, et en vivra pourtant.
La religion des montres de luxe grandissait dans la société, au même rythme à peu près que se précisait le mouvement qui allait porter au pouvoir le nommé Sarkozy.