J'aime mieux une question ouverte qu'une réponse étroite.
❧
Le rite, quel qu'il soit, prend en quelque façon le défunt en charge; il le sépare des vivants qui le pleurent, il allège leur fardeau.
◆
À lire aussi de François Taillandier
Rien ne me découragera jamais d'examiner les idées à priori les plus contraires à celles admises, ou que j'admets. C'est même, si l'on y réfléchit, la condition de toute pensée.
Nos opinions ne sont rien devant notre sensibilité. Il y a des choix de l'instinct, des élections intimes. Je laisse à d'autres le privilège d'être raisonnables, logiques et déductifs. Moi je n'ai que des tendresses et des blessures.
Un homme, c'est ce qui pleure un jour, d'amour. Un homme, c'est ce qui en mourra, et en vivra pourtant.
Nous avons des langages différents, et connaître quelqu'un, c'est apprendre la langue dans laquelle il s'exprime.
Dans la même œuvre
Dans un monde de communication et d'information, ce qui se perdait en route, paradoxalement, c'était le réel.
Nous vivons intégralement reliés à des satellites, à des signaux, à des machines que nous ne séparons même plus de notre corps. Nous sommes désormais le produit de nos artefacts.
Ce que laisse un homme, dans le meilleur des cas, c'est la trace de ses intentions.
Ainsi «l'amour», enfin le genre d'amour auquel ils sont en proie, fait-il apparaître en nous un individu secret, que le monde ne connaît pas. Nous sommes un dieu.
Il y a chez les amoureux cette odieuse conviction de leur supériorité, ce bonheur égoïste d'être sauvés, eux, l'un par l'autre.