Ainsi «l'amour», enfin le genre d'amour auquel ils sont en proie, fait-il apparaître en nous un individu secret, que le monde ne connaît pas. Nous sommes un dieu.

À lire aussi de François Taillandier

Nous avons des langages différents, et connaître quelqu'un, c'est apprendre la langue dans laquelle il s'exprime.
On ne sort pas de son enfance. On est plusieurs êtres successifs et cependant toujours présents.
Sûr de moi, donc aveugle.
La conscience. Quel pauvre domaine de questions sans réponses, de voies sans issues, d'éternels retours.
Et d'ailleurs, Eros maîtrisé serait-il Eros?
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Dans un monde de communication et d'information, ce qui se perdait en route, paradoxalement, c'était le réel.
Nous vivons intégralement reliés à des satellites, à des signaux, à des machines que nous ne séparons même plus de notre corps. Nous sommes désormais le produit de nos artefacts.
Ce que laisse un homme, dans le meilleur des cas, c'est la trace de ses intentions.
Il y a chez les amoureux cette odieuse conviction de leur supériorité, ce bonheur égoïste d'être sauvés, eux, l'un par l'autre.
Tout le monde manque. C'est même la caractéristique de l'être humain: manquer. Personne ne fait l'affaire. On manque. On ne comble pas.