Pour les gens comme moi, Internet est à la fois le naufrage et le radeau : on se noie dans la traque, dans l'attente, on ne peut pas faire son deuil d'une histoire pourtant morte, et en même temps on surnage dans le virtuel, on s'accroche aux présences factices qui hantent la Toile, au lieu de se déliter on se relie.
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À force d’être modelée par le désir et la vision de Degas, n’avait-elle plus qu’à s’effacer ?
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Ce n’est pas pour rien que ça s’appelle la Toile. Tantôt, on est l’araignée, tantôt le moucheron. Mais on existe l’un pour l’autre, l’un par l’autre, on est reliés par la religion commune. A défaut de communier, ça communique.
Il nous faudrait cent mots où nous n'en avons qu'un, ce petit mot d'amour bon à tout et propre à rien, ce verbe aimer qui traîne partout, qui va pour tout - l'amour de Dieu, l'amour des hommes, l'amour de soi, l'amour des autres, et j'aime ma mère, et j'aime ma femme, et j'aime ma fille, et j'aime mon chien (et plus je regarde l'homme, plus j'aime mon chien), et j'aime les frites, et j'aime Venise, et j'aime Ravel, et j'aime ton cul, et je t'aime, et j'aime le croire.
Ce n'est pas le tout d'être heureux, encore faut-il que les autres ne le soient pas : la devise est connue.
J'entrepris de mettre en scène notre future rencontre. Il fallait que ce soit naturel, comme si le hasard se chargeait de devenir un destin.
Dans la même œuvre
Je ne suis pas hantée par l'exactitude, je laisse ma mémoire avoir de l'imagination.
Edgar Degas n'a pas la réputation d'un Renoir ou d'un Corot, pour qui une oeuvre est achevée quand on a envie de coucher avec le modèle.
La danse n'est pas un conte de fées, c'est un métier pénible. Cendrillons sans marraine, les petits rats ne deviennent pas des princesses, et leurs cochers sans carrosse restent des souris grises comme le coutil de leurs chaussons.
Le petit rat ne cesse de répéter jusqu'à épuisement les mêmes gestes, le sculpteur fait, défait et refait sans cesse des modelages toujours imparfaits.
C'est toujours une chose étrange, dans une fratrie, de voir le destin broder différemment sur le canevas des mêmes souffrances.