« La femme est l'avenir de l'homme » , tu parles! Non mais la blague… Ou alors, au pluriel, les femmes. Comme les bornes sur le parcours.
❧
Pour les gens comme moi, Internet est à la fois le naufrage et le radeau : on se noie dans la traque, dans l'attente, on ne peut pas faire son deuil d'une histoire pourtant morte, et en même temps on surnage dans le virtuel, on s'accroche aux présences factices qui hantent la Toile, au lieu de se déliter on se relie.
◆
À lire aussi de Camille Laurens
L'ami est triste, toujours, c'est une espèce de chagrin d'amour.
Écrire, c'est comme l'amour : on attend, et puis ça mord.
Admirant les moulages en bronze exposés dans les musées, on oublie que la sculpture était en cire, on ne voit donc plus la teinte bise dont les morts sont peints : c'est une matière, la mort, c'est une couleur dont on ne veut pas se souvenir. Voilà sans doute la vraie raison de la mauvaise réception de la Petite Danseuse en 1881, la cause souterraine de l'horreur presque unanime qu'elle a suscitée.
La littérature est une machine à fabriquer des souvenirs et de la mort, une manufacture de testaments. Aucun roman n'a jamais fait de projet d'avenir.
Dans la même œuvre
Le désir veut conquérir et l’amour veut retenir. Le désir, c’est avoir quelque chose à gagner, et l’amour quelque chose à perdre.
Les hommes mûrissent les femmes vieillissent.
Vous avez beau savoir ce qui se passe, ce qui s'est passé, vous n'en êtes pas sauvé pour autant. Quand vous avez compris ce qui vous fait souffrir, vous souffrez toujours. Aucun bénéfice. On ne guérit pas de ce qu'on rate. On ne reprise pas les draps déchirés.
On ne guérit pas de ce qu'on rate. On ne reprise pas les draps déchirés.
La vie m'échappe, elle me détruit, écrire n'est qu'une manière d'y survivre – la seule manière. Je ne vis pas pour écrire, j'écris pour survivre à la vie. Je me sauve. Se faire un roman, c'est se bâtir un asile.