C'est toujours une chose étrange, dans une fratrie, de voir le destin broder différemment sur le canevas des mêmes souffrances.

À lire aussi de Camille Laurens

Le rat est un des éléments de l’Opéra car il est à la première danseuse ce que le petit clerc est au notaire. Le rat c’est l’espérance.
On ne guérit pas de ce qu'on rate. On ne reprise pas les draps déchirés.
On ne se parle jamais si mal que quand on ne parle que de peur de se taire.
Pour les gens comme moi qui ne tolèrent pas l’absence… Internet est à la fois le naufrage et le radeau : on se noie dans la traque, dans l’attente, on ne peut pas faire son deuil d’une histoire pourtant morte, et en même temps, on surnage dans le virtuel, on s’accroche aux présences factices qui indiquent que l’autre est en ligne.
C'est fou , quand on y pense , une histoire d'amours entre pseudo : comme dans un roman , au fond , des créatures de fiction .
Toutes les citations de Camille Laurens →

Dans la même œuvre

Je ne suis pas hantée par l'exactitude, je laisse ma mémoire avoir de l'imagination.
Edgar Degas n'a pas la réputation d'un Renoir ou d'un Corot, pour qui une oeuvre est achevée quand on a envie de coucher avec le modèle.
La danse n'est pas un conte de fées, c'est un métier pénible. Cendrillons sans marraine, les petits rats ne deviennent pas des princesses, et leurs cochers sans carrosse restent des souris grises comme le coutil de leurs chaussons.
Le petit rat ne cesse de répéter jusqu'à épuisement les mêmes gestes, le sculpteur fait, défait et refait sans cesse des modelages toujours imparfaits.
À force d’être modelée par le désir et la vision de Degas, n’avait-elle plus qu’à s’effacer ?