J’ai fait ma conférence sur les femmes aux fenêtres. À la fin, quelqu’un m’a lancé : Tous ces romans moi-je-personnellement-en-ce-qui-me-concerne, c’est d’un pénible à la fin. Les romanciers ne pourraient pas s’intéresser un peu aux autres, non ? - Vous savez ce que disait Victor Hugo, monsieur: « Quand je vous parle de moi, je vous parle de vous. »
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La danse n'est pas un conte de fées, c'est un métier pénible. Cendrillons sans marraine, les petits rats ne deviennent pas des princesses, et leurs cochers sans carrosse restent des souris grises comme le coutil de leurs chaussons.
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À lire aussi de Camille Laurens
Pense à l'avenir: contresens absolu du réconfort. L'avenir, c'est la mort.
« La femme est l'avenir de l'homme » , tu parles! Non mais la blague… Ou alors, au pluriel, les femmes. Comme les bornes sur le parcours.
L'écriture personnelle, ce mouvement qui va de l'intérieur vers l'extérieur pour exprimer ce qui s'est imprimé en soi - écrire pour dire son expérience, ses rêves, écrire pour dire son désir, l'attraper dans le filet des mots comme un poisson gigotant. Vous avez déjà essayé, vous ? Bien sûr, c'est souvent décevant : la confrontation entre le récit qu'on a dans la tête et celui dont on accouche plus ou moins péniblement peut être terrible
L'amour, c'est vivre dans l'imagination de quelqu'un .
Dans la même œuvre
Je ne suis pas hantée par l'exactitude, je laisse ma mémoire avoir de l'imagination.
Edgar Degas n'a pas la réputation d'un Renoir ou d'un Corot, pour qui une oeuvre est achevée quand on a envie de coucher avec le modèle.
Le petit rat ne cesse de répéter jusqu'à épuisement les mêmes gestes, le sculpteur fait, défait et refait sans cesse des modelages toujours imparfaits.
C'est toujours une chose étrange, dans une fratrie, de voir le destin broder différemment sur le canevas des mêmes souffrances.
À force d’être modelée par le désir et la vision de Degas, n’avait-elle plus qu’à s’effacer ?