Le temps libre que je cultive hors de l'écriture m'est précieux : quand je ne fais rien, je sais que mon cerveau scanne le moindre détail avec attention. Disposer de temps permet d'être attentif, de réfléchir aux choses essentielles de la vie, et le temps à perdre dans ces cas-là nous enrichit de manière considérable. Ne rien faire, c'est réparer, gagner une autonomie intellectuelle, manuelle, etc. C'est une forme d'indépendance de l'usage du monde, une arme fatale, qui change le rapport aux autres.
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En ces années quatre-vingt, il fallait être mort pour ne pas avoir d'ambition. L'argent avait l'odeur agressive et prémerdeuse des déodorants pour toilettes.
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Je réclame le droit à la paresse, au bonheur et à la dépression.
J'ai enterré trop de chiens pour feindre d'ignorer ce qui m'attend. Tout n'est plus désormais qu'une question de temps, de patience. Autrefois, je me vantais d'aimer la compagnie des mouches. Désormais, je trouve leur empressement déplacé quand je les vois, fébriles, téter mon épiderme.
Chaque enfance fabrique ses légendes.
Le courage dont on fait preuve pour écrire est celui-là même qui nous fait défaut dans l'existence.
Dans la même œuvre
La vie n'est rien d'autre que ce filament illusoire qui nous relie aux autres et nous donne à croire que le temps d'une existence que nous pensons essentielle, nous sommes simplement quelque chose plutôt que rien.
Il n'y a ni événement absolu ni être providentiel. On est tous dans une sorte de vase à se débattre.
Durant cette maladie, j'ai souvent perdu pied, j'ai plié mais je n'ai jamais prié.
Les naissances, comme les morts d'ailleurs, ont l'étrange pouvoir de lubrifier les coeurs et d'effacer les ardoises surchargées du passé.