Durant cette maladie, j'ai souvent perdu pied, j'ai plié mais je n'ai jamais prié.

À lire aussi de Jean-Paul Dubois

En ces années quatre-vingt, il fallait être mort pour ne pas avoir d'ambition. L'argent avait l'odeur agressive et prémerdeuse des déodorants pour toilettes.
Il n'y a rien de ridicule à pleurer la mort de son chien. Nous avions partagé nos vies et Watson était bien plus proche de moi que mes parents ne l'avaient jamais été. Nous avions un langage commun, nous nous comprenions et, un an après sa disparition, je guettais encore le bruit de ses pattes quand il dévalait l'escalier.
La foi, c'est fragile, ça repose sur trois fois rien comme un tour de magie. Et qu'est-ce qu'il faut pour être un bon prestidigitateur ? Un lapin et un chapeau.
Quand il examinait longuement cette image, il lui arrivait d'entendre la voix de sa femme résonner dans sa mémoire. La voix était la première chose que l'on oubliait après le départ de quelqu'un.
J'étais trop malade de moi-même pour espérer soigner les autres.
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La vie n'est rien d'autre que ce filament illusoire qui nous relie aux autres et nous donne à croire que le temps d'une existence que nous pensons essentielle, nous sommes simplement quelque chose plutôt que rien.
Il n'y a ni événement absolu ni être providentiel. On est tous dans une sorte de vase à se débattre.
En ces années quatre-vingt, il fallait être mort pour ne pas avoir d'ambition. L'argent avait l'odeur agressive et prémerdeuse des déodorants pour toilettes.
Les naissances, comme les morts d'ailleurs, ont l'étrange pouvoir de lubrifier les coeurs et d'effacer les ardoises surchargées du passé.