Œuvre

Une vie française (2004)

La vie n'est rien d'autre que ce filament illusoire qui nous relie aux autres et nous donne à croire que le temps d'une existence que nous pensons essentielle, nous sommes simplement quelque chose plutôt que rien.
Il n'y a ni événement absolu ni être providentiel. On est tous dans une sorte de vase à se débattre.
Durant cette maladie, j'ai souvent perdu pied, j'ai plié mais je n'ai jamais prié.
En ces années quatre-vingt, il fallait être mort pour ne pas avoir d'ambition. L'argent avait l'odeur agressive et prémerdeuse des déodorants pour toilettes.
Les naissances, comme les morts d'ailleurs, ont l'étrange pouvoir de lubrifier les coeurs et d'effacer les ardoises surchargées du passé.