Bien sûr que j'y avais cru. Ne devait-on pas croire nos amis ? C'était peut-être même la seule croyance valable.
❧
Choisir un prénom est si difficile. Il ne s'agit pas non plus de mettre le paquet dans le sens inverse. Je suis toujours stupéfait qu'on appelle un enfant Ulysse ; imaginez si le pauvre se retrouve timoré à la vue de son ombre.
◆
À lire aussi de David Foenkinos
Nous étions comme ces bougies qui ne finissent pas de se consumer, ces bougies qui donnent l'impression qu'elles ne pourraient jamais se consumer tant qu'une infime flamme survit dans la cire.
On peut se raisonner, mais c'est toujours le corps qui décide du temps nécessaire à la cicatrisation affective.
C'est très difficile de constater le manque de bonheur quand on n'est pas dans le malheur.
Il faudrait penser à tous les destins qui échouent sur les rivages de leur possibilité.
Dans la même œuvre
Certains prénoms sont comme la bande-annonce du destin de ceux qui les portent. A la limite, Bernard pouvait être un film comique. En tout cas, avec un tel prénom, je n'allais pas révolutionner l'humanité.
Il est toujours un peu risqué d'appeler sa fille Marilyn ou Lolita. C'est le genre de prénom qui ne laisse pas vraiment le choix ; on doit avoir la sensualité dans les veines.
On confère toujours d'étranges qualités aux silencieux, aux discrets. On peut même les juger insaisissables.
Je n'ai jamais rencontré quiconque qui soit capable de parler de ses parents de manière posée, honnête et juste.
Elle dit : J'ai besoin de réfléchir. Et tout le monde sait à quel point ce besoin de réflexion est mauvais signe. Quand une femme dit vouloir réfléchir, c'est tout réfléchi.