Œuvre
Je vais mieux (2013)
Les enfants sont nos romans, mais nous ne les écrivons plus.
L'expression vie commune veut tout dire: on vit une seule vie pour deux. Alors forcément vient un moment où l'on se sent à l'étroit dans cette moitié de vie.
Je ne laissais rien derrière moi, j'avais marché sur ma vie avec des patins, sans laisser de traces.
Certains moments ne peuvent avoir pour bande-son que le silence.
Certains souvenirs ne sont pas soumis à la fatigue de la mémoire.
C'est toujours ainsi : il suffit d'être confronté aux drames de la vie pour se sentir ridicule de s'être fait une montagne d'un rien. De notre rien.
On devrait vivre sa vie à l'envers pour ne pas la rater.
La vie des autres, c'est peut-être le meilleur refuge quand le nôtre nous désespère.
Ils se regardaient en coin, et c'est toujours le meilleur angle pour la tendresse.
Rien ne vaut le silence comme argument.
Rencontrer quelqu'un, c'est se raconter.
On ne sait jamais que manger ; faire un choix, c'est anéantir tous les autres. La carte du restaurant est la métaphore absolue de toutes nos frustrations.
En amitié, comme ailleurs, on peut rarement dire la vérité.
Ca me fascine, les gens qui peuvent dormir assis. Ca me semble aussi incongru que de marcher allongé.
Il faut avoir peur de perdre les choses pour les aimer passionnément.
Le quotidien est une redoutable machine à ne plus observer l'autre.
C'est d'ailleurs sûrement ça la définition de l'amitié : être ami avec quelqu'un, c'est ne pas coucher avec sa femme.
Le temps n'abime pas nos premiers enthousiasmes, même s'ils prennent la poussière dans notre mémoire.
Je courais après quelque chose qui n'existe pas ; on ne peut jamais combler les carences affectives de l'origine.
On pouvait admettre que le coeur, quand il vivait, quand il se manifestait, écrasait de son hégémonie sensible toutes les péripéties du reste du corps.
Nous avions la même façon de conserver les mots en nous. Une espèce de constipation orale héréditaire.
On peut aimer un endroit tout entier grâce à un seul détail.
Les enfants recherchent en permanence la part manquante de l'affection, c'est ainsi.
On peut aimer vivre des histoires bancales, simplement pour être consolé de la solitude.
La vie de couple anesthésie nos capacités de séduction.